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 La vallée des héros

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Iricia
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MessageSujet: La vallée des héros   Ven 29 Fév 2008, 07:39

Bonjour,
Je me suis finalement décidée à écrire une fic sur Zelda. J'en ai écrit une il y a bien longtemps que je n'ai pas terminée mais peut-être qu'un jour je la partagerais aussi avec vous.

En attendant voici le premier chapitre de ma fiction : la vallée des héros
En espérant que ça vous plaira.

Chapitre 1 : Le dernier espoir



L’histoire que je vais vous conter a lieu dans une contrée lointaine, si lointaine que seuls ceux dont l’imagination est aussi puissante que le vent peuvent s’y rendre. Dans ce pays anciennement ravagé par une guerre sans merci où ténèbres et lumière s’affrontèrent dans un combat vain, la vie a repris son cours mais les traces du passé restent ancrées dans les cœurs et les paysages. Au plus profond d’un lac encerclé par une terre rousse, un coffre repose. Autour de lui des poissons passent tranquillement. Soudain, l’eau frissonne. Une onde remonte vers la surface accompagnée par des bulles d’air. Le coffre remue, vibre, ses parois rouillées se craquelant. Dans un dernier choc, il se disloque dans un nuage de bulles.
Une faible lumière s’en échappe et remonte lentement vers la surface.
Un faible cri se fait entendre quand elle atteint enfin la surface. Si l’on s’approche, on peut voir une petite créature ailée reposant sur les vagues remuantes du lac, n’ayant plus assez de forces pour atteindre le bord si lointain. Ses ailes trempées et lourdes sont étendues sans vie. Ses yeux d’un bleu nocturne sont encore ouverts, semblant supplier le ciel de la tirer des mains de sa prison liquide.
« Tout espoir est perdu » pense-t-elle alors que son souffle s’affaiblit.
Le vent se met à souffler, d’abord comme une brise d’espoir puis comme une violente rafale qui frôle les eaux du lac pour remonter vers les cieux. Il essaie tant bien que mal de venir en aide à l’une de ses messagères mais l’eau puissante du lac suit son mouvement sans jamais lâcher sa proie. La fée dans son berceau glacé, sent l’espoir s’envoler et comme pour lui donner raison le vent cesse tout à coup de souffler. Son murmure s’éloigne, loin entre les montagnes qui entourent le lac, loin au-dessus d’une grande plaine verdie par le printemps, loin au-dessus d’un étrange édifice où il s’arrête enfin.
De retour au lac nous retrouvons la pauvre fée qui se laisse maintenant flotter sans aucune réactivité. Ses ailes commencent à s’enfoncer de plus en plus profondément dans l’eau. La lourdeur de celles-ci l’entraîne peu à peu vers le fond. Une dernière inspiration et l’eau se referme sur elle alors
que de la passe qui mène au lac un écho fait trembler l’air. Entourée par
l’immensité bleue la fée n’entend plus rien, elle se laisse bercée par les
flots, attendant que le dernier filet d’air s’échappe de ses lèvres. Elle n’a
plus la force de se battre…
L’eau au bord du lac se met à trembler. L’eau s’agite, des remous parviennent jusqu’à la fée. Elle voit à une dizaine de mètres devant elle, l’eau qui bouillonne et s’affole. Des nuages de bulles qui se forment autour d’un arrivant inconnu.
« On vient me sauver » se dit-elle tout bas.
Alors avec le peu de forces qu’il lui restait elle tente de remonter vers la surface, assez près elle l’espère pour être récupérée. Les remous se font plus forts et rendent sa remontée difficile mais elle s’accroche à cette lueur d’espoir qui vient dans sa direction. Quelque chose s’approche, quelque chose qui frappe l’eau de sa force, qui la soulève et la repousse.
Encore un peu, encore un tout petit effort…
Mais les dernières bulles s’échappent de sa bouche ouverte sur son dernier cri et la lumière s’éteint devant ses yeux.
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Iricia
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MessageSujet: Re: La vallée des héros   Ven 25 Avr 2008, 05:36

Chapitre 2 : De l'herbe dans la prairie

Agitées par le vent, les ailes de la fée se soulèvent puis redescendent au rythme du souffle à peine perceptible. Ouvrant les yeux, la faible créature aperçoit tout d'abord une lumière éblouissante puis, tandis qu'elle se redresse doucement elle peut enfin admirer le décor qui s'ouvre devant elle. Le soleil se lève sur une prairie immense et baigne de sa lumière jaune et puissante le trait de l'horizon. Une main devant ses yeux pour se protéger de la lumière céleste, la fée se redresse enfin sur ses deux jambes et reste là à regarder le soleil s'avancer sur le sol. Mais au fur et à mesure que le sol s'illumine et que les ombres se forment, elle se rend compte qu'elle se trouve en fait dans une prairie aux herbes noires et rouges comme des flammes et sur laquelle plus aucun arbre ne pousse. Seuls quelques cadavres de grands chênes et hêtres jonchent le sol et son dur vécu.

" Que s'est-il passée ? " demande-t-elle à voix haute comme si les esprits des arbres peuvent encore lui répondre.

Sa question a pourtant un effet inattendu car le sol se met soudainement à trembler et elle est renversée en arrière. S'agrippant de toutes ses forces à une herbe proche, elle attend que le séisme se calme alors qu'une ombre immense se dresse au-dessus d'elle. Le tremblement s'arrête aussi soudainement qu'il est venu mais l'ombre ne disparaît pas. La fée ouvre les yeux et se rend alors compte que ce qu'elle a pris pour une herbe est en fait un crin. Levant les yeux elle voit ceux d'un cheval qui la regarde avec curiosité et dont la tête cache le soleil. Reprenant ses esprits après sa frayeur, la minuscule créature se relève et regardant son étrange compagnon, réalise enfin le pourquoi de la situation.

" Tu es mon sauveur ! "

Le cheval hennit de toute sa voix en guise de réponse.

" Wooo ! Calme-toi, attention à mes oreilles ! "

Les fées comprennent les animaux dans l'essentiel de leur langage mais l'inverse n'est pas vrai, aussi le cheval se remet à hennir sans prendre en compte cette remarque. Ne voyant pas d'autre moyen de le calmer, la fée agite ses ailes pour finir de les déplier sous le regard de son ami et s'envole enfin pour se poser sur sa tête. Elle commence à caresser son chanfrein et le cheval se calme, profitant de ces bons traitements.

" Ahlala sacré toi, mon ami à poil. C'est donc toi qui es venu à mon secours ! Je suis heureuse de t'avoir rencontré mais déçue que tu ne puisses pas m'expliquer ce qu'il s'est passé ici depuis l'époque où j'ai été enfermée dans ce coffre par inadvertance. Quand je pense à cette histoire idiote. Tu vois je voyageais dans une bouteille - ce qui est d'ailleurs fortement inconfortable je te ferais remarquer - pour pouvoir aider un jeune garçon dans une quête soi-disant épique. Tu n'es pas sans savoir que nous avons de grand pouvoir de guérison d'où notre utilité dans ce genre d'aventure. Enfin bref où en étais-je… ah oui ! Le garçon que j'accompagnais s'est fait blesser dans une attaque de coquillos alors il m'a libérée pour que je puisse le soigner. Jusque là tout se passait à merveille et je le soignais alors qu'il ouvrait un coffre au trésor et bradissait bêtement son contenu. Je m'apprêtais alors à partir vers une contrée plus sympathique lorsque le coffre s'est refermé sur moi et tout ça parce que mon cher compagnon a perdu l'équilibre en brandissant sa petite clé et a heurté le couvercle… "

Le cheval souffle fortement par ses naseaux, si bien que la fée s'interrompt.
" Puisque ça t'ennuie autant, j'arrête de te raconter ça… "

La fée s'envole de nouveau et prend du plaisir pendant de longues minutes à virevolter de-ci de-là sur le souffle frais de la matinée. Mais après cet amusement elle se sent perdue, abandonnée car elle réalise enfin qu'elle se trouve dans un monde qu'elle a connu mais qui lui est maintenant secret. Et pourtant même si elle ne le voit pas, au loin dans la prairie une herbe rouge vient de prendre une belle couleur verte.
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Iricia
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MessageSujet: Re: La vallée des héros   Mar 21 Oct 2008, 05:31

Je voulais tester le style « conter au présent » mais finalement je pense que le passé passera mieux pour cette histoire, donc désolée pour le changement assez radical… (en même temps je sais que certaines personnes n’aiment pas trop les histoires avec du présent donc bon …)

Reprenons donc le cours de notre histoire…

Chapitre 3 : Le Bourg d'Hyrule

Après avoir compris la difficulté de sa situation, la petite fée d’installa sur le dos de son compagnon et se mit à réfléchir à ce qu’elle devait faire.
« Mmmmh… Je suis sur la plaine d’Hyrule apparemment. La guerre a bien eu lieu alors… » Elle ferma les yeux et demeura immobile.
« Comment savoir ce qu’il s’est passé exactement… Il faudrait que je trouve des êtres vivants mais apparemment ça ne court pas les rues. »
Elle ouvrit les yeux. Une idée venait de lui traverser l’esprit.
« La tour du savoir » cria-t-elle si fort que le cheval hennit bruyamment sensible à l’agitation soudaine. « Il faut que je m’y rende, je trouverais certainement des réponses à mes questions sur place ! »
C’est ainsi qu’elle s’élança dans les airs et se mit à voler frénétiquement au-dessus de la plaine, en direction d’un mur de pierres visible au loin. Un hennissement retentit et le cheval se lança à sa suite, galopant à ses côtés, les crins soulevés par le vent, les sabots frappant le sol qui semblait résonner dans cette étendue vide. Ils avancèrent de concert jusqu’à une petite colline qui leur cachait encore la vue du bourg car c’était bien vers le Bourg d’Hyrule qu’ils se rendaient. Une ville, siège de la communauté hylienne, lieu de vie, de commerce et de passage où des individus de tous les peuples d’Hyrule se croisaient dans une grande harmonie, rendant cette cité unique. Surplombant ce lieu, se trouvait le palais royal où trônaient le roi et sa fille avant ce temps de guerre. Au centre de ce majestueux château était la tour du savoir, bibliothèque immense aux milliers d’ouvrages relatant tous les faits marquant de l’histoire d’Hyrule, toutes les connaissances en matière de sciences, d’armement, de stratégie ou encore de littérature.

Impatiente et ravivée par ce but si proche, la fée s’élança vers le haut de la colline et s’arrêta net. Devant elle, le mur qui de loin lui semblait droit et fort était en fait une ruine recouverte de mousse et lierre. Une chaîne pendait péniblement à un pan de mur, là où auparavant un solide pont levis était accroché, permettant de protéger la ville des monstres la nuit et de créer un passage franchissable le jour pour les centaines de marchands et touristes qui y venaient. Plus loin, des carcasses de maisons jonchaient le sol. Et là haut, sur la colline abritant le château rien que le vide et la terre noire, comme si tout avait été rasé par une énorme explosion. Des larmes coulaient sur les joues de la petite créature, son dernier espoir venait de s’envoler. Comme une âme en peine, elle se laissa porter par ses ailes au milieu des décombres. Elle apercevait ici une enseigne de forgeron dont le métal avait été déformé par la chaleur des flammes, là une tombe érigée pour l’un des nombreux morts. S’il y avait une sépulture, c’est bien qu’il y avait eu des survivants mais ils avaient sûrement fuit ce lieu de dévastation ou étaient morts loin de chez eux. Elle se posa au sol devant ce qui restait du lieu de recueillement et de magie qu’était le temple du temps. Elle entra à l’intérieur par le côté puisque le seul mur encore debout était celui de l’entrée. Elle ne comprenait pas comment un lieu aussi protégé magiquement et physiquement avait pu ainsi être réduit en ruines. Elle se rendit presque habituellement dans une pièce anciennement cachée où l’épée du Héros reposait sur son socle avant l’incident. Une poussière noire et collante recouvrait tout dans cette salle. De sa main, elle frotta doucement le piédestal ce qui fit apparaître les trois triangles d’or, le signe de la Triforce, une ancienne relique datant de la création du monde, témoignage du passage des divinités sur terre. Elle continua de survoler l’endroit en cherchant une quelconque trace de l’épée mais elle avait tout bonnement disparu. Elle reprit alors sa route et se dirigea vers le château.

En arrivant en haut du chemin y menant, elle s’interrogea. Quel sort et quelle puissance avait-il fallu pour détruire un château entier lui aussi protégé par la magie et même plus ! Il était l’écrin de la famille royale et d’une détentrice d’un bout de la Triforce, le pouvoir de la sagesse ! Un pouvoir gigantesque, colossal ! Pour contrer ce pouvoir il aurait fallu que l’ennemi possède lui aussi un pouvoir similaire. Mais alors, cela voulait dire que tout était vrai. La quête épique, le Héros du Temps… Le jeune garçon qu’elle avait aidé… Alors il avait échoué et c’était sûrement pour ça que le monde était plongé dans de telles ténèbres…
Alors qu’elle se remémorait ses aventures avec le jeune homme, elle avança de quelques tirs d’aile sur la terre noire et... s’écrasa. Elle venait de heurter quelque chose de plein fouet, mais elle avait beau plisser les yeux, elle ne voyait rien. Elle se dirigea de nouveau vers le point d’impact mais plus doucement et encore une fois rencontra un obstacle. Elle avança une main tremblante devant elle et sentit la pierre froide, lisse puis une rainure et de nouveau la roche. C’était un mur… non c’était un palais invisible !
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Iricia
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MessageSujet: Re: La vallée des héros   Mar 28 Oct 2008, 05:35

Chapitre 4 : Le message

Lorsque la fée toucha le mur à nouveau, un étrange picotement lui traversa le corps puis une voix s’éleva dans sa tête :
« Toi qui a le cœur pur,
Toi dont les desseins sont empreints de gentillesse,
Toi qui a su trouver ces murs,
Toi dont le destin changera celui de cette forteresse,
Fais maintenant ton choix
La fuite ou aller de l’avant
Mais quel qu’il soit
Fais-le maintenant »
La fée resta un instant arrêtée par l’étrangeté de ce phénomène puis avança vers le mur. A peine avait-elle fait un mouvement qu’une lumière l’aveugla et dans un nuage brumeux, le palais apparut à ses yeux.
« Tu es seule à voir ce château…
L’espoir arrive de nouveau » dit encore la voix qui se faisait lointaine.
La fée leva les yeux sur l’édifice qui lui faisait face. Il était fait de pierres grises et s’élevait sur une vingtaine de mètres. Son toit rouge brillait sous le Soleil couchant. Des tours ornaient les quatre coins du domaine et le donjon trônait à leur centre, rehaussé par une tour, la tour du savoir. Les ailes de la créature battirent frénétiquement alors qu’elle l’apercevait. Elle reprit son vol vers la porte centrale qui était entrouverte. Elle se glissa par l’entrebâillure et commença sa visite. Elle passa d’abord à la tour de garde la plus proche pour voir s’il restait quelqu’un ou s’il y avait un indice quelconque qui lui indiquerait ce qu’il s’était passé. Le sol de la première tour était jonché de bois de lances brisées, d’éclat de fer et de meubles. Il n’y avait aucune trace de vie et seul le vent faisait bouger les quelques tentures représentant des scènes de guerre qui ornaient les murs. Elle ressortit et se dirigea vers la tour suivante mais le même spectacle navrant l’y attendait. Il semblait que les soldats s’étaient battus hardiment contre un envahisseur mais étrangement aucune trace de sang n’était visible.

Elle poursuivit son déplacement vers les deux autres tours alors que le Soleil couchant agrandissait les ombres dans la cour du château. La troisième tour fut sans surprise dans le même état que les deux autres mais la quatrième était bien différente. Elle était restée propre et rangée, les lances étaient encore disposées sur leur support en bois, à côté des épées. La fée s’envola vers le deuxième étage, intriguée par l’ambiance qui planait en ce lieu. En haut du premier escalier, une salle d’entraînement était encore habitée par une odeur de transpiration et l’on pouvait croire qu’en tendant l’oreille on entendrait le bruit des lames qui se heurtent, le son des arcs qui se tendent et des flèches qui transpercent l’air avant de toucher leur cible. Les lumières de la salle étaient éteintes et pourtant une lumière bleutée semblait en provenir. La fée s’approcha et découvrit qu’une étrange lame aux reflets bleus était posée sur une table. S’approchant doucement elle la regarda de plus près et une envie irrésistible de la toucher la prit. Elle avança sa main vers la poignée. Une sensation de gel emplit ses doigts et lorsqu’elle voulut les retirer, elle se rendit compte que la lame était aussi légère qu’une plume malgré sa grande taille. Elle fit quelques mouvements avec puis recommença son observation. Le poignard qu’elle tenait avait une lame courbe et d’étranges signes étaient inscrits sur le manche en argent. Plus elle les regardait et plus elle avait l’impression que les caractères rétrécissaient. Quand elle recula enfin son visage du pommeau, elle se rendit compte que la dague était maintenant à sa taille. C’était une arme vraiment étrange, sans doute envoutée par un sort très puissant. Elle l’agita de nouveau puis chercha un moyen de la transporter facilement quand elle réalisa qu’il n’y avait sûrement pas de fourreau à la taille des fées. Alors qu’elle ruminait ces pensées, elle sentit un poids autour de sa taille et vit très vite qu’une ceinture bleue ornée d’un fourreau avait fait son apparition. Elle y rangea donc la dague tout en se demandant si c’était réellement une bonne idée d’emporter un tel objet. Elle quitta ensuite la salle d’entraînement et finit de monter les escaliers pour atteindre l’étage dortoir. Il n’y avait rien de très intéressant ici. Comme tout le reste de la tour, tout était ordonné comme si les soldats allaient revenir d’un instant à l’autre avec leurs lourdes cottes de mailles. Elle allait donc quitter la pièce lorsque quelque chose attira son attention. Il y avait un bureau dans un coin de la pièce et de son tiroir s’échappait un bout de papier froissé. La fée s’approcha et tira dessus pour le récupérer, alliant son geste à la délicatesse nécessaire pour ne pas le déchirer. Lorsqu’elle l’eut récupéré, elle le déposa avec difficulté sur le bureau et se mit à le lire.
« Je m’appelle Georg Méto,
Aujourd’hui est sûrement le dernier jour de ma vie. Le château a été attaqué hier par l’armée du conseiller du roi qui nous a trahis. Il a une telle connaissance de l’architecture de notre forteresse que je doute qu’elle résiste à ses assauts bien longtemps. D’après ce que notre bien aimé Roi nous a dit, il a également de grands pouvoirs qu’il a obtenu après avoir éliminé des sorciers de tout le royaume.
Je laisse ce message qui j’espère restera intact pour qu’un jour peut-être on puisse sauver notre monde des ténèbres de la perdition. Que celui qui trouve ce message aille voir le verset 7 du livre de la Légende, le livre de… »
Le reste du message avait disparu, comme si quelqu’un en avait retiré l’encre. La fée relut le message puis regarda par une meurtrière de la salle pour apercevoir la Tour du savoir. C’était donc sa prochaine destination. Elle s’envola par la fenêtre alors que l’obscurité recouvrait maintenant la bâtisse.
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Iricia
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MessageSujet: Re: La vallée des héros   Mar 28 Oct 2008, 15:50

Chapitre 5 : La tour du savoir

Après quelques mouvements d’ailes, la fée atteignit enfin les lourdes portes du donjon qui étaient closes. Elle avisait une fenêtre au-dessus d’elle lorsque dans un grincement d’outre-tombe, les gonds se murent et les deux pans s’éloignèrent lentement l’un de l’autre pour laisser une petite ouverture suffisante pour lui permettre d’entrer. Un peu angoissée par tous les évènements étranges qui la touchaient en si peu de temps, elle s’avança tremblante dans l’obscurité du lieu et arriva dans un hall immense. En son centre était étalé un long tapis rouge bordé de fils d’or qui montait vers des escaliers de marbre majestueux. Ces derniers s’enroulaient de part et d’autre d’une porte en fer au niveau du premier palier pour atteindre d’autres étages. De chaque côté du hall, de grandes portes menaient aux cuisines ou à des grandes salles créées pour recevoir des invités de marque. La pièce en haut de l’escalier était la salle du trône mais sa porte était close. Des chandeliers éteints étaient placés à intervalle régulier le long des rampes de l’escalier et un lustre de cristal accroché au sommet de la pièce vibrait doucement bercé par le vent et émettait un son de carillon. La fée était stupéfaite devant tant de luxe et de beauté. La place avait gardé beaucoup de majesté malgré les nombreuses années qui avaient écoulé leur douce mais irrémédiable emprise sur ces lieux. La créature avança doucement, craignant de troubler la tranquillité du lieu et souffrant du silence oppressant qui l’entourait, tout juste troublé par le doux son du lustre.
« Y’a quelqu’un ? » appela-t-elle sans espoir de réponse.
Alors que l’écho de ses mots s’éteignait dans les profondeurs du palais, un vent glacial venant de la porte restée ouverte souffla la faible fillette vers l’escalier et la propulsa au bas de la première marche. Alors qu’elle se redressait difficilement en se frottant la tête, un bruit sourd retentit et elle ne put que constater que la porte par laquelle elle était entrée venait de se fermer brutalement.
« Au moins il n’y aura plus de vent violent » pensa-t-elle en essayant de se rassurer, son corps encore frissonnant du froid qui l’avait entourée. Elle regarda l’escalier immense qui s’étendait au-dessus d’elle. « Heureusement que j’ai des ailes, sinon je n’arriverais jamais à monter là-haut ! » se dit-elle en écarquillant les yeux. Elle décida tout de même de monter la première marche sans les utiliser. Elle agrippa son bord et après un petit effort, réussit à se hisser à son sommet. Elle remarqua alors que la marche suivante était légèrement plus élevée puisqu’il lui fallait sauter pour l’atteindre. « Je pense que j’ai suffisamment utilisé mes bras pour aujourd’hui » se dit-elle et dépliant ses ailes, elle s’apprêta à s’envoler. Une douleur lui fit alors courber le dos et en se retournant elle vit que ses ailes étaient recouvertes d’une mince couche de givre. Il fallait qu’elle trouve une source de chaleur pour les réchauffer sinon elle ne pourrait plus voler. Elle fit un tour du hall mais les portes étaient toutes bien closes. Alors résignée elle commença à grimper le long escalier, en espérant trouver une aide au premier étage.

Les premières marches furent plutôt aisées à monter mais bien vite elle se trouva devant un obstacle de taille. En sautant le plus haut qu’il lui était possible, elle n’arrivait pas à atteindre la dixième marche de l’escalier. Elle s’assit un instant là et se mit à réfléchir. « Ce qu’il me faudrait c’est quelque chose sur lequel monter » se dit-elle, mais elle eut beau scruter de toute part les recoins du hall depuis son perchoir, elle ne vit rien qui puisse l’aider. Tout en réfléchissant elle regarda ses mains et vit que ses ongles étaient très sales. Elle n’était pas très coquette mais tout de même ! En fait si elle était très coquette mais elle ne voulait pas se l’avouer. Elle sortit donc la dague de son fourreau et se mit à enlever la saleté qui s’était accumulée sous ses ongles. Mais soudain elle s’arrêta net. Elle regarda la lame, puis la marche et de nouveau la lame. Elle se précipita alors en avant et planta la lame dans le bois de l’escalier. Elle posa son pied dessus et grâce à cela, put se hisser à la marche suivante. Elle se pencha ensuite et essaya de récupérer son arme… mais elle avait le bras trop court. Elle redescendit donc et planta la lame plus haut pour pouvoir la récupérer et ça fonctionna ! Heureuse d’avoir trouvé une solution, elle continua son ascension avec davantage d’entrain. La porte de la salle du trône se faisait plus grande à mesure qu’elle s’approchait et enfin elle se hissa au premier étage. Devant elle, l’immense gardienne de fer se tenait droite comme si elle protégeait toujours un roi tout aussi majestueux qu’elle. La fée s’approcha et colla son oreille à la lourde porte. Aucun son ne lui parvint. Elle poussa un soupir et se mit à chercher d’autres portes à l’étage, elle s’enfonça dans un couloir qui partait vers la gauche de la grande salle. Toutes les portes étaient fermées sur la route et la fatigue commençait à se faire sentir. Elle déboucha de nouveau devant la porte en fer après avoir fait tout le tour de l’étage. Elle regarda les escaliers qui menaient au deuxième étage et reprit sa difficile ascension.
Cependant les marches devenant de plus en plus hautes et elle se rendit vite compte que sa technique utilisant la dague n’allait plus fonctionner bien longtemps. Elle arriva donc très vite à un obstacle si haut qu’elle ne put pas récupérer sa lame en se penchant. Elle redescendit donc d’un cran et se remit à réfléchir. Après quelques minutes d’intenses réflexions elle eut enfin une idée. Elle arracha un de ses longs cheveux et l’accrocha à la poignée de la dague. Puis elle monta dessus, grimpa sur la marche suivante, le cheveu toujours dans sa main et arrivée en haut, tira dessus pour faire remonter la lame. « Pour une fois qu’il y a une utilité à la solidité de mes cheveux » pensa-t-elle en se rappelant des nombreux peignes qu’elle avait brisés en se coiffant. Elle put ainsi reprendre et terminer son ascension.

Elle se hissa enfin au deuxième étage en soufflant et maugréant. Les escaliers continuaient de monter de chaque côté et une grande porte rouge se trouvait en face d’elle. Elle s’avança et alla devant elle. Un tintement la fit sursauter. Un lustre s’agitait aussi à cet étage-ci, loin au-dessus de sa tête. Elle s’approcha de la porte. Une vibration sembla emplir l’air alors qu’elle tendait la main vers le bois et soudain ce fut comme si une onde la traversait et se propageait dans toute la pièce. La porte s’ouvrit et un nouvel escalier apparut. Il était taillé directement dans la pierre mais décoré avec soin et des bougies étaient posées toutes les trois marches. Après que l’onde ce soit répercutée sur le mur opposée elle revint et alluma toutes les bougies sur son passage, illuminant ainsi le chemin qui montait vers la tour du savoir. Lentement la fée s’avança, les yeux écarquillés devant un tel spectacle. Elle monta la première marche et s’installa près de la bougie pour réchauffer ses ailes. Après un quart d’heure elle eut enfin la possibilité de voler. Elle fit quelques looping pour se dégourdir les ailes et pour montrer son contentement avant de filer comme une flèche vers les étages supérieurs.
L’escalier était immense et elle avait l’impression que son ascension ne finirait jamais. Lorsqu’elle arriva en haut elle alla à une fenêtre. La nuit était tombée au dehors mais comme c’était la pleine Lune elle voyait assez clairement le paysage. Devant elle, la ville avait un air lugubre sous cette lumière faiblarde. Au loin la plaine s’étendait alors qu’à l’est une montagne se dressait fièrement et qu’au sud la Lune se reflétait sur le lac. Bien plus loin vers l’ouest le désert était caché sous une étrange brume. Une tempête de sable faisait sûrement rage sur les dunes. Le décor la rendit un peu triste, surtout la plaine vide qui rougeoyait sous les rayons de la Lune, elle qui avant était si remplie de vie et dont le ranch était connu de par le monde. L’établissement avait été totalement détruit et seules quelques pierres qui étaient anciennement les grands murs de l’étable restaient présentes, enfouies en partie sous les herbes rouges. La fée détacha son regard de ce triste paysage et se retourna pour faire face à l’arche d’entrée de la bibliothèque de la connaissance. Il ne lui restait plus qu’à trouver le livre dont parlait la lettre du soldat et de se servir de son contenu à bon escient malgré le fait qu’elle n’ait aucune idée de ce qu’il pouvait renfermer.
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MessageSujet: Re: La vallée des héros   Dim 16 Nov 2008, 15:06

Chapitre 6 : Enigmes et bibliothèque

Passant l’arche, la fée leva les yeux et put lire ces quelques mots inscrits dans la pierre de la voûte : « Rien n’est impossible ». Elle sourit, se disant que c’était bien le type de paroles qu’elle avait besoin d’entendre alors que la recherche d’un livre dont elle ne connaissait pas même le nom lui tendait les bras. Elle avança donc et se retrouva ébahie devant la grande bibliothèque. Elle s’attendait à voir quelque chose de majestueux et d’une grande ampleur mais devant elle, une seule et unique armoire était placée contre un mur sur sa gauche. La pièce était toute petite et bien qu’elle se tourna de tous les côtés, aucune autre ouverture n’était visible. Elle battit des ailes pour s’approcher de l’armoire et essaya de regarder par la vitre. Cependant la poussière s’était accumulée si bien pendant toutes ses années qu’il était impossible, même en frottant de ne serait-ce qu’entrevoir ce qui se trouvait à l’intérieur. Elle agrippa donc la poignée en or fin du meuble et la tira de toutes ses forces. Dans un grincement d’outre-tombe, la porte s’ouvrit et un nuage de poussière s’échappa des tréfonds de l’armoire. Fermant les yeux et toussant, la fée s’écarta pour reprendre son souffle. Elle s’approcha de nouveau mais une quinte de toux la reprit et elle eut vite fait de s’éloigner. Se doutant bien que la poussière recouvrait toutes les étagères, elle agrippa le bord de la porte ouverte et se mit à battre frénétiquement des ailes. Grâce à son arrimage elle ne se déplaçait pas et pouvait ainsi envoyer voler toute la poussière du meuble. Elle continua jusqu’à ce que la fatigue la reprenne et osa regarder le contenu de l’armoire. Sur l’étagère du haut tout d’abord, il n’y avait rien. La suivante, rien non plus et enfin sur la dernière… Un livre était posé, un ancien ouvrage dont la couverture était noire. Elle atterrit près de la reliure et essaya de lire le titre. « P--r ce-- q-- -nt » déchiffra-t-elle au début mais les moisissures qui rongeaient le livre ne permettaient pas de voir quoi que ce soit d’autre. Elle évalua donc le poids de la couverture et agrippant son bord, essaya de s’envoler pour l’ouvrir malgré les heures de vol qu’elle avait dans les ailes. A sa grande surprise, le premier à-coup qu’elle fit ouvrit entièrement le livre. Sur la première page, en grandes lettres manuscrites noires était écrit : « Pour ceux qui ont le cœur pur ». Elle pensa que c’était un bien étrange titre. Alors qu’elle réfléchissait assise contre le livre, se demandant s’il s’agissait du livre qu’elle cherchait et d’un autre côté ne voyant pas d’autres livres, elle ne se rendit pas compte que derrière elle, les pages se pliaient lentement, les unes après les autres et qu’une lueur commençait à provenir de la couverture. Lorsque la lueur devint lumière, la fée se retourna brutalement. La quatrième de couverture flamboyait maintenant d’un éclat tel qu’entre chaque pierre mal scellée de la tour du savoir on pouvait la voir. Stupéfaite, la créature ailée se rendit alors compte que les pages s’étaient pliées et formaient un escalier dont chaque marche avait sa propre phrase.
« Toi qui a le cœur pur,
Toi dont les desseins sont empreints de gentillesse,
Toi qui a su trouver ces murs,
Toi dont le destin changera celui de cette forteresse,

Toi qui a trouvé un chemin,
Toi qui a si souvent bravé les dangers,
Souviens-toi des phrases en mon sein
Afin de trouver le livre sacré »

La fée relut les phrases plusieurs fois jusqu’à les retenir par cœur, puis ne sachant plus à quoi s’attendre, descendit les marches de papier et entra dans la lumière.

Elle sentit une étrange sensation, comme si chaque membre de son corps se détachait et enfin ils revinrent tous pour se réassembler et elle reçut un choc à la tête. Lorsqu’elle ouvrit les yeux, elle ressentit d’abord une forte douleur au crâne, puis se relevant lentement elle put enfin voir qu’elle se trouvait dans une bibliothèque. Un endroit immense et majestueux comme elle se l’était imaginé. Des dizaines voir des centaines de bibliothèques étaient rangées, formant un labyrinthe de livres et s’enfonçaient dans la pièce si loin qu’elle n’en voyait pas le bout. Une peinture phosphorescente avait été appliquée sur les étagères, si bien que tout l’espace était emplit d’une douce lueur verte. Finalement elle aurait préféré n’avoir qu’une pièce petite et d’un aspect rustique plutôt que cet immense édifice. Résignée, elle se mit donc à errer sans but précis entre les allées, cherchant un quelconque indice et se répétant sans cesse les phrases du livre en essayant de leur découvrir un sens caché. Enfin, à bout de force elle retourna à l’entrée et chercha un moyen de repartir. Elle avait beau vouloir à tout prix comprendre ce qu’il s’était passé et faire de son mieux pour aider, elle avait l’impression que quelque chose lui échappait. Elle se disait qu’elle trouverait peut-être d’autres indications dans le reste du palais. Cependant après de longues minutes de recherche, elle dut se résigner. Il n’y avait aucun moyen de partir. Elle allait rester bloquer dans cette salle. Elle se mit à avoir des pensées négatives.
« Et si je restais à jamais coincée ici ? Je passerai l’éternité qu’est ma vie à chercher dans tous les livres de cette immense bibliothèque jusqu’à mourir d’épuisement et de tristesse ? Non c’est impossible ! »
Elle était assise la tête dans les mains, perchée sur une étagère, les jambes pendant dans le vide.
« C’est impossible… » répétait-elle sans cesse. Et ce fut le déclic.
« Mais non rien n’est impossible ! Rien n’est impossible pour ceux qui ont le cœur pur ! » s’écria-t-elle, comprenant enfin le sens des messages.
Elle s’éleva alors dans les airs, ferma les yeux et concentra toutes ses pensées sur sa quête et sur la mission à laquelle elle avait autrefois participé, qui l’avait séparée des siens comme le veut la tradition afin qu’elle aide au mieux une personne au cœur pur. Une chaleur l’emplit alors et elle se sentit comme propulsée par une force alors qu’elle restait sur place. Elle ouvrit les yeux et devant elle, son visage lui souriait. Elle sursauta et un rire retentit. Devant elle, une fée translucide, entièrement blanche la regardait en rigolant d’un rire très doux qui se répercutait dans toute l’immensité vide de la salle, on aurait dit sa jumelle. Elle virevolta quelques instants devant la créature époustouflée puis, dans un rire, se mit à aller de bibliothèque en bibliothèque, les touchant du bout des doigts et faisant ainsi apparaître des chiffres lumineux sur chacun des meubles. La fée la suivit sans comprendre, lui demandant sans cesse des explications mais l’étrange être ne s’arrêta pas et alla bientôt si vite qu’elle ne put le suivre. Elle retourna alors à l’entrée et observa les chiffres. Un deux, un un, un six et un quatre étaient sur la première rangée. Que pouvaient-ils bien représenter ? Etait-ce une sorte de code ?
Elle chercha pendant un long moment leur signification avant de réfléchir plus largement.
« Chaque fois pour avancer dans ce lieu, j’ai dû utiliser un indice qui m’était donné dans la tour. Je vais donc repasser en revue ces indices. Il y avait tout d’abord le titre et la voûte qui formait une phrase et ensuite les messages inscrits sur les marches… Peut-être dois-je les utiliser pour décrypter cette énigme… » pensa-t-elle avant de se répéter sans cesse les phrases écrites sur les marches et de chercher un rapport avec les chiffres.

NDA : essayez donc, chers lecteurs de chercher par vous-même avant de lire la suite…

Soudain, la solution vint d’elle-même, elle prit alors l’allée du chiffre deux, puis dans l’allée suivante encore le chiffre deux, suivi du un puis le six et enfin le deux. Elle avait en effet compris que les « de » de la phrase étaient en fait des « deux » et ainsi de suite. Elle arriva donc à une bibliothèque remplie de livres. Elle était heureuse car elle avait presque atteint son but, le livre était forcément parmi ceux-là. Elle commença à lire les titres : « Essentiel d’histoire Vol. 1 », « Essentiel d’histoire Vol.2 », « Le grand guide du voyageur », « Des bienfaits du lait », « La vie quotidienne de la tribu Gerudo : à partir des notes du professeur Fantrache, mort sur le terrain », « Généalogie de la famille royale d’Hyrule »…
La fée était assez indécise notamment après avoir vu de l’ouvrage posthume. Elle continua ainsi sa lecture et commença à décaler les livres dont le titre commençait par « le livre de » comme indiqué sur la lettre du soldat. Elle finit donc par avoir « Le livre de cuisine : réussissez vos plats pour un dîner digne de la table royale », « Le livre des contes et légendes d’autrefois», « Le livre du héros en herbe », « Le livre maléfique » et « Le livre sacré ». Elle sourit et tira « Le livre sacré » vers elle, se disant que ça ne pouvait pas être si simple. Alors que le livre tombait de l’étagère, un grognement rauque en sortit, la faisant sursauter. Elle s’en approcha doucement, il ne s’était pas ouvert en tombant mais la couverture avait un aspect peu reluisant. Elle attrapa la couverture pour l’ouvrir mais elle fut immédiatement brûlée. Elle vérifia la tranche du livre et relut le titre. Elle s’était trompée… Dans sa hâte, elle avait sorti le livre d’à côté : « Le livre maléfique ». Elle s’envola donc à nouveau et fit chuter le bon livre. C’était un ouvrage magnifique, argenté et brillant d’une douce lumière. Les deux ouvrages avaient une action répulsive l’un sur l’autre. Sur leur couverture respective, le titre était écrit dans une langue qui lui était inconnue, seule la tranche était lisible. Elle ouvrit le livre sacré et vit que ses pages étaient belles, fines et douces… si douces. Après la fatigue de la journée, la douceur du papier l’apaisa si bien qu’elle commença à s’assoupir, allongée sur le livre. Alors que ses yeux se fermaient, elle sentit une étrange fraicheur contre sa cuisse qui la refroidissait de plus en plus. Finalement elle avait tellement froid qu’elle ouvrit en grand ses yeux auparavant presque fermés. Sa lame brillait d’une étrange lueur et était devenue glaciale. Elle la tira de son fourreau et la regarda mais un bruit la fit se retourner. De la reliure interne du livre était sortie une langue énorme et gluante, d’un noir profond. Des nerfs rouges étaient visibles au travers de la matière translucide la recouvrant. D’un battement d’ailes, la fillette s’envola juste au moment ou la langue s’abattait sur l’endroit où elle s’était assoupie. Mais elle n’allait pas en rester là et rapidement, telle la langue d’un crapaud, elle s’étira pour essayer d’attraper sa proie. La fée enchaînait des virages rapides et secs pour échapper aux attaques ardentes de la créature. « Je ne vais pas tenir longtemps à fuir de la sorte » se dit-elle. Elle fonça alors vers le plafond, suivie de près par la langue et au moment où elle allait l’atteindre, elle bifurqua. Son attaquante n’eut pas le temps de changer de direction et se retrouva collée au plafond. Elle essayait de se décrocher désespérément et peu à peu la pierre du plafond s’effritait sur ses assauts répétés. La fée, lame au poing, l’attaqua alors de plein fouet et la découpa. Un cri suraigu sortit du livre qui s’enflamma alors que sa protubérance linguale se tordait dans tous les sens avant d’être prise à son tour par le feu dévorant. Encore tremblante de terreur et du surplus d’adrénaline, la petite fée redescendit auprès du livre maléfique. Elle retourna à sa tranche et gratta avec son ongle. Un papier avait été collé sur le bord et en dessous était écrit « Livre sacré ».
« Non sans blague ! » s’écria la fée furibarde. « Quelle idée de changer les noms des livres comme ça ! Si je tenais la personne qui… Non c’est de ma faute, j’aurais dû être plus prudente, je suis dans un monde hostile désormais. J’aurais dû voir que ça ne pouvait pas être aussi simple. » Elle se mit à rire en regardant le livre, soulagée de l’avoir enfin trouvé.
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MessageSujet: Re: La vallée des héros   Mer 25 Fév 2009, 12:11

J'avais zappé de vous mettre la suite puisque personne semblait suivre mais bon, vu que je l'ai écrite, autant la partager
Je suis en train d'écrire le 10ème chapitre. Bonne lecture
Chapitre 7 : Verset 7

Son rire s'arrêtant enfin de résonner dans les couloirs vides formés par les bibliothèques alignées, la fée s'approcha du livre et en saisit la couverture. Cependant elle stoppa bien vite son étreinte car la brûlure qu'elle avait déjà sentie reprit de plus belle. Soufflant sur ses doigts encore douloureux, elle regarda anxieusement la couverture. Comment pouvait-elle bien ouvrir le livre si elle ne pouvait même pas en approcher ses mains ? Elle essaya de saisir d’autres parties de la couverture mais de nouveau le livre fut, au toucher, semblable à de la lave en fusion. Après avoir fait le tour de l’ouvrage ainsi, si bien que la pulpe de ses doigts était devenue rouge et semblait prête à saigner, elle s’assit et se mit à réfléchir. Toutes les épreuves que la fée avait passées depuis qu’elle était entrée dans l’enceinte du domaine semblaient être liées. A chaque fois elle avait dû montrer ses qualités pour se sortir des situations étranges et dangereuses imprégnées dans ce lieu. La fillette avait utilisé aussi bien la force que la délicatesse puis avait fait preuve de détermination, de persévérance, de mémoire, d’impétuosité et de réflexion. Il y avait bien une qualité et non la moindre qu’elle n’avait pas réellement montré : le courage et l’abandon de soi. Alors qu’elle réfléchissait encore au moyen d’ouvrir l’étrange ouvrage, elle se leva d’un bond et comme frappée par la folie, saisit à pleine main la couverture épaisse et agita frénétiquement ses ailes pour séparer le revêtement en cuir des douces pages qu’il pressait. La douleur dans ses mains déjà meurtries par ses vaines tentatives de découvrir une partie praticable de l’ouvrage, se fit violente, aigue, comme une lame qui transperçait sa peau. En regardant ses mains, elle vit son épiderme se noircir et s’assécher. Le cuir si lourd se soulevait millimètre par millimètre, laissant entrevoir peu à peu une écriture douce et liée tracée par une plume. Des larmes coulaient des yeux de la créature, luttant dans un combat sans merci, sachant ce qu’elle sacrifiait à la cause qu’elle avait décidé d’embrasser. De sa bouche entrouverte ne s’échappait aucun cri mais l’horreur et la souffrance se lisait sur son visage alors que ses doigts s’effritaient sous la chaleur de la lave et que leurs cendres tombaient sur les pages d’une blancheur immaculée. Dans un dernier battement d’ailes, alors que ses phalanges disparaissaient dans un nuage noir, la lourde couverture arriva en équilibre, droite, penchant légèrement vers l’intérieur. La fée ne la tenait plus, elle ne pouvait plus la tenir car de ses mains il ne restait que des cendres, maintenant éparpillées sur les lettres de la première page. Désespérée elle regarda la couverture pencher lentement sans pouvoir la retenir. Et soudain hurlant de douleur, elle chargea. Fonçant vers l’avant, les moignons de ses membres tendus vers l’avant, ouvrant enfin le livre sacré.
Elle ne ressentit aucune joie. La douleur du choc l’avait terrassée et elle était étendue sur la pierre froide, évanouie.

Dans son sommeil sans rêve elle ressentit une douce fraicheur sur ses bras et quand elle ouvrit enfin les yeux, la fée leva ses bras devant elle et aperçut ses deux mains, entières, roses et douces. Son sourire s’élargit, elle les agita, testa sa poigne, toucha l’une puis l’autre, les caressant, passant chaque millimètre sous l’observation de ses grands yeux. La créature ailée se releva mais ses jambes la lâchèrent. Trop d’émotion, trop de fatigue. Elle commença à ressentir une forte douleur aux bras et alors que tous ses muscles semblaient lâcher prise, sa tête heurta le sol.
La fée ouvrit les yeux et leva ses bras devant elle pour ne voir que des moignons putrides et noirs. Elle referma puis rouvrit ses paupières mais ils étaient toujours là. Des larmes coulèrent sur ses joues. Ce n’était qu’un rêve… un magnifique et doux rêve mais uniquement une fantaisie de son esprit fatigué et troublé. Elle referma les yeux épuisée, tombant dans un sommeil si profond que la douleur ne pouvait plus l’atteindre.
Plusieurs heures plus tard, elle émergea enfin, courbaturée, attristée mais consciente que sa tâche n’était pas terminée. Elle se releva en grimaçant de douleur et se dirigea lentement vers le livre, d’une démarche mal assurée mais déterminée. Sur la première page était inscrit ceci : « Livre sacré – Par les sages du temple du Temps ». Elle prit la page avec ses dents et s’envola lentement pour la tourner. « Je n’ai plus qu’à trouver le verset 7 » se dit-elle, « Mais… au fait, un verset c’est dans un chapitre et il n’y avait pas de numéro de chapitre sur la lettre. Ça risque de prendre encore beaucoup de temps ». La page retomba en douceur contre la couverture. Une courte préface s’étalait devant ses yeux.

« A ceux qui liront ces mots. Ce livre n’est composé que d’un chapitre mais regroupe tout le savoir des sages sur l’avenir et sur le passé. Futur héros, faites votre chemin jusqu’aux portes du savoir… tournez les pages. ». La fée poursuivit donc sa recherche et après plusieurs dizaines de minutes arriva enfin au verset 7. Et sur le doux papier, des mots notés à la plume s’alignaient.
« Lorsque l’apocalypse aura tout détruit, et nous savons que cela arrivera, il n’y aura qu’un moyen de sauver ce monde mais plusieurs choix tout au long du chemin salvateur. Mais avant de poursuivre il faut que vous sachiez la vérité sur les tristes évènements qui ne se sont pas encore produits au jour où j’écris ses lettres noires mais qui seront inévitables.
Alors que le mal grandissait, mené par un sorcier puissant et avide, Ganondorf, le peuple demanda un héros et les déesses dans leur grande bonté en envoyèrent deux. Il s’agissait alors de deux enfants nommés Link et Zelda. A chacun fut donné un pouvoir de la Triforce : la sagesse pour la douce Princesse Zelda et le courage pour Link. Leurs destins furent scellés en une rencontre et le combat commença alors car Ganondorf avait vu le pouvoir et la destinée qui sommeillaient en eux et avait décidé de ne pas attendre son réveil. De nombreux combats furent menés, une guerre sans merci éclata et le sorcier maléfique fut détruit à jamais dans un futur qui rejailli sur le passé. Cependant la folie des hommes est sans nom et le coup d’état de Ganondorf bien qu’annihilé donna naissance à un nouveau peuple. Une guilde de sorciers noirs ayant pour seul but de détruire, pour seule croyance la guerre, pour seule joie donner la mort. Ils eurent la bonne idée de demeurer dans l’ombre et malgré le fait qu’aujourd’hui déjà nous connaissons leur existence, nous ne pouvons rien contre eux car nous sommes bien les seuls à croire au danger qu’ils incarnent alors que beaucoup doutent même de leur présence. La disparition de Ganondorf a marqué le début de leur règne, car un peuple victorieux en devient plus sûr de soi et moins prudent. Nous avons pourtant essayé de faire entendre raison au roi et la Princesse est trop jeune pour que sa parole soit assez puissante. C’est pourquoi ce verset existe, pour comprendre, pour connaître l’ennemi et savoir le vaincre.
Lorsque l’apogée des mages noirs fut atteinte, nous plongeâmes plusieurs héros dans un sommeil de pierre, dans la vallée des héros, au fin fond du désert. La princesse Zelda ainsi que Link ne firent pas partie de ceux-là mais leurs descendants dans le cœur des déesses furent trouvés et ainsi conservés loin de la puissance destructrice de la guilde. Nous allons mourir alors nous confions la clé de la vallée à une personne de confiance. En appuyant votre doigt sur le cercle de fer au dos de ce livre, héros, vous obtiendrez le seul guide possible pour atteindre la vallée des héros. Sans lui, vous ne trouverez jamais la voie et périrez. Utilisez-le et une fois sur place, libérez les héros dans cet ordre qu’il est très important de retenir. Tout d’abord la sagesse, puis le courage et enfin la force.
Soyez prudent. Que Nairu, Farore et Din guident vos pas et votre cœur. ».


A peine la fée eut-elle lu les dernières phrases que le livre eut un soubresaut et se referma en déroulant toutes ses pages qu’elle vit blanches, immaculées. Au dos du livre, le cercle de fer était sous ses yeux, orné d’étranges motifs. Elle s’approcha et posa un de ses moignons dessus. Rien ne se passa. Le livre avait bien parlé de doigt mais elle ne voyait pas comment faire. Alors qu’elle désespérait de pouvoir réussir la quête qui lui incombait sans possibilité de se servir de ses mains, la lame brilla à sa ceinture. Les fées ont des orteils faits comme nos mains, c'est-à-dire que le gros orteil est préhensile comme le pouce, aussi put-elle extraire sa lame de son fourreau à l’aide de son pied droit car elle était gauchère. Elle amena la dague contre son bras gauche et un froid intense lui prit tout le membre, elle ferma les yeux en respirant fort pour essayer de se calmer alors que l’engourdissement devenait de plus en plus intense. Finalement elle ouvrit les paupières et vit que la dague était maintenant dans la continuité de son bras, son pommeau avait entouré son moignon qui n’était désormais plus visible. La créature fit quelques mouvements de parade et d’attaque puis réitéra son essai en collant la pointe de son arme sur le cercle de fer. Ce dernier s’illumina brièvement et s’éleva en grossissant autour de la lame. Il continua de monter ainsi jusqu’à atteindre le pommeau sur lequel il se referma. Il ressemblait fortement à un simple bracelet de fer hormis qu’il vibrait doucement. La fillette l’observa, se demandant comment s’en servir. Soudain le plafond s’ouvrit en cercle au-dessus d’elle et elle fut aspirée à l’extérieur.

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Dernière édition par Iricia le Mar 06 Oct 2009, 13:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La vallée des héros   Mar 06 Oct 2009, 13:21

Chapitre 8 : L’entrée du désert

Sa tête s’arrêtant enfin de tourner, la fée regarda aux alentours pour se rendre compte qu’elle était allongée par terre hors de l’enceinte du château. Dans son dos, une fine brume se forma et bientôt les murs disparurent. Un court instant elle crut avoir rêvé mais l’absence de ses mains et la lame effilée dans la continuité de son bras gauche n’étaient que trop réelles. Le bracelet étrange encerclant toujours son membre semblait venir de temps éloignés tant il était noirci et rouillé. Malgré cela on pouvait ressentir une aura, un pouvoir, une vibration de l’air quand on l’observait attentivement. « Je me demande comment l’utiliser » se dit-elle. « Ils auraient pu mettre un mode d’emploi ». Tout en maugréant contre la stupidité des quêtes et la maigreur des indices confiés, elle s’éloigna peu à peu du palais pour rejoindre l’entrée du Bourg. Cependant une voix familière l’arrêta.

« Toi qui a le cœur pur,
Toi dont les desseins sont empreints de gentillesse,
Toi qui a su trouver ces murs,
Toi dont le destin changera celui de cette forteresse,
La route est longue mais la solitude n’y est pas
Auprès de ton compagnon la clé tu trouveras
A l’arrivée de l’aube il guidera tes pas
Suis-le sans hésiter, le passé sera là. »

Après avoir répété plusieurs fois les dernières phrases pour ne pas les oublier, la fillette s’éleva et reprit son chemin. « Compagnon… », se disait-elle, « Je n’en vois qu’un seul dans ces terres désolées ». Arrivant aux portes du bourg elle s’arrêta puis s’élança vers son ami à crinière.
« Alors comme ça tu connais le chemin », dit la fée de sa voix chantante.
Revoir son compagnon d’aventure lui faisait plus de bien qu’elle ne l’avait imaginé. Les épreuves du passé s’en voyaient atténuées. D’un coup de tête, l’équidé lui fit comprendre qu’elle devait monter sur son dos. Quelque chose avait dû se passer pendant la visite du château car dans les yeux du cheval une nouvelle flamme de connaissance brillait. Le soleil se levait sur la plaine alors que sous un vent chaud et portant en lui des cendres rougeoyantes d’une source inconnue, ils galopaient. Les hennissements de l’animal retentissaient dans l’étendue vide comme dans la gorge d’une montagne. Regardant aux alentours la fée réalisa que les herbes rouges étaient faites de cendres et, se désagrégeant sous les assauts du vent et des sabots, elles s’envolaient et étaient emportées par le souffle.

Peu à peu le désert se rapprochait et du sable s’ajouta aux débris d’herbes. Il leur fallut une journée pour arriver à un canyon entre deux plateaux. Ils s’arrêtèrent alors pour passer la nuit. La faim se faisait sentir et autour d’eux n’était que terre sableuse et amas rocailleux. La fillette commençait à s’inquiéter pour son compagnon à quatre pattes qui, a priori, n’avait pas quitté les alentours du lac où le peu d’herbe jaune était accumulé. Elle se demanda si davantage de préparatifs n’auraient pas été nécessaires avant de se lancer à la conquête du désert. Son esprit se mit à réfléchir à toute vitesse à un moyen de trouver des vivres pour le cheval, n’étant pas inquiète pour son alimentation propre car il lui suffit d’un petit pois pour tenir cinquante ans en activité et bien plus en sommeil profond - bien qu’aucune durée n’a jamais été définie puisqu’aucune fée n’a eu la patience de tenter l’expérience. Cependant, après une dizaine de minutes et une observation des alentours allant jusqu’à soulever des rochers de petite taille pour voir si des brins d’herbe ou de la mousse n’y seraient pas cachés, elle dut se rendre à l’évidence qu’il n’y avait rien de comestible pour un équidé. Elle frappa alors dans un caillou du bout de son pied, désespérée par sa propre bêtise. Un bruit étrange lui répondit, comme si la pierre avait frappé quelque chose de dur mais creux. Rapidement, elle contourna le rocher au-dessus duquel le projectile avait été emporté et ne vit strictement rien, étudia de nouveau minutieusement les alentours jusqu’à retrouver le caillou mais ce fut tout ce qu’elle découvrit. Encore plus énervée qu’auparavant, grommelant sans cesse la même question : « Fallait-il vraiment que tout soit si compliqué dans cette quête ? », la fée fit les cent pas. Soudain, son pied droit ressentit une vibration étrange et le même écho que précédemment arriva à ses oreilles. Au sol, à l’endroit même où elle se tenait, le sol était étrangement nacré. Quelque chose était enterrée là. Se demandant de quoi il pouvait s’agir, elle commença à creuser rapidement avec la lame mais au bout de quelques minutes cette dernière se mit à briller d’une lueur rouge et vibra. Effrayée, la pauvre fillette tenta de décrocher la dague de son bras, se griffant la peau dans ses efforts désespérés alors que tout son bras tremblait par l’action de l’arme.

Tout aussi violemment que cela avait débuté, la vibration cessa mais pas le rougeoiement qui au contraire s’intensifia si bien que quiconque se serait trouvé à moins d’un kilomètre de là aurait dû se protéger les yeux. La lumière se réduisit et sur la lame des mots se formèrent puis s’estompèrent comme s’ils étaient tracés au fer rouge puis refroidit. « Je ne suis pas faite pour de si basses besognes » était-il écrit en lettres droites avec une écriture très raide.
« Elle… parle ? »
La lueur restante s’estompa.
« Tu parles ? Tu peux m’entendre. »
La lame ne broncha pas. La fée se demandait si elle n’avait pas rêvé. Il n’y avait qu’un moyen pour en être sûre. Elle plongea à nouveau l’acier dans le sol et retourna un peu de terre.
-« Non mais ça va oui !? » s’inscrivit en lettres rouges.
-« Ahaha, j’ai la confirmation que tu parles » se mit à exulter la petite créature
-« … et en plus elle est fière d’elle »
-«Et que tu m’entends ! »
-« De mieux en mieux… »
-« Qui es-tu ? »
-« Mon nom est Balicurex. » fut ainsi écrit mais cette fois-ci en lettres liées laissant une impression de douceur du tracé.
-« Enchantée »
-« Tu pourrais au moins te présenter ! ». Les mots étaient à nouveau raides, la main invisible appuyant durement sur le fer.
-« Hum, non désolée c’est contraire à la loi de ce monde ! » répliqua la fillette d’une voix peinée
-« Qui a pu écrire une règle aussi sotte ? »
-« A ton avis… » dit-elle en regardant en l’air, faisant rouler ses yeux.
-« … Je l’avais oubliée celle-là. »
Alors qu’elles discutaient ainsi, l’une par les mots, l’autre par les lettres, le cheval s’approcha et entreprit de creuser la terre, intéressé par l’étrange bruit que faisaient ses sabots en rencontrant le mystérieux objet.
-« Tu vois qu’il y a des gens mieux adaptés à ce type de travail. » fit remarquer la lame.
-« Hé ! Tu te crois supérieure à lui ou quoi ? »
-« En taille de cerveau, oui. »
-« Je ne sais pas où il est… mais a priori tu ne fais pas plus de 5 millimètres d’épaisseur... »
-« Ah ah ah très amusant », répliqua l’écriture de nouveau raide.
La fée ne répondit pas, fixant l’objet enfin déterré : un magnifique arrosoir de nacre précieux, fait d’un entrelacs savant de coquillages. Que pouvait faire un instrument pareil à l’entrée même du désert ? Il était totalement vide. « Normal, il était enterré », se dit-elle. Cependant une étrange réflexion était causée par la lumière sur une partie de l’arrosoir. A cet endroit là, écrit en minuscule, était noté ceci : « Trouvez mes deux compagnons, pour vaincre les démons. ». Encore un indice bien maigre pour l’aventurière, mais sachant que tout serait découvert en temps voulu, elle accrocha l’ustensile sur le dos de son ami en tressant une fine cordelette avec plusieurs de ses cheveux (pour cela, elle coinçait sous ses pieds deux cheveux et faisait passé le troisième avec sa bouche puis poursuivait en changeant de mèche). A peine avait-elle fini de le pendre bec en bas, qu’un mince filet d’eau s’en écoulait. Et devant ses yeux ahuris, chaque goutte qui touchait le sol le transformait en terre fertile et de fins brins d’herbe en sortaient, bien vite engloutis par l’équidé.
« Eh bien au moins, on ne mourra pas de faim » pensa la fée. Elle observa une dernière fois, le sable voltigeant provenant du désert, puis s’installa dans la crinière de son compagnon pour la nuit, laissant les étoiles veiller sur elle.

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Dernière édition par Iricia le Mar 06 Oct 2009, 13:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La vallée des héros   Mar 06 Oct 2009, 13:21

Chapitre 9 : La vallée des héros

Au petit matin, les bienfaits de l’arrosoir étaient toujours là. Le cheval broutait paisiblement et le désert avait l’air calme. Un temps parfait pour s’y rendre. La fée s’étira et dépliant ses ailes, voleta pour les dégourdir.
- Il est temps d’y aller, dit elle pour se donner du courage.
Après avoir inspiré un grand bol d’air, de lourdes pensées s’emparèrent de son esprit, une nouvelle mission l’attendait et sans doute de nouvelles difficultés, elle n’avait pas réellement réfléchi à la suite avant cela. Son premier objectif avait été d’atteindre l’entrée du désert mais après… « De toute manière j’ai tellement peu d’informations qu’il ne sert à rien de m’imaginer quoi que ce soit. Je suis vraiment incapable de prévoir ce qu’il va arriver. ». S’étirant une seconde, elle fila ensuite en avant, suivi de près par le galop de son compagnon. Bientôt le bruit des sabots s’estompa alors qu’ils rencontraient le sable et un nuage de poussière se forma sur la traînée de leur course ainsi que de fines herbes vertes.
Après plus d’une heure de route, ils arrivèrent à une oasis composée de trois palmiers et une petite source d’eau. Malgré la présence de l’arrosoir, ils se désaltérèrent avec l’eau trouble qui s’y trouvait puis se reposèrent à l’ombre des palmes. Cependant ils n’étaient pas soulagés pour autant car depuis plusieurs kilomètres ils avaient aperçus une tempête de sable. Ils voyaient maintenant qu’elle n’avait rien d’un simple phénomène naturel. Le sable formait comme un mur, on pouvait faire un pas et rentrer dans la tempête, un autre en arrière et en ressortir. Déterminée, la fée s’approcha. Aucun autre choix n’était possible, sa mission était trop importante pour s’arrêter à ça. Par prudence, ce fut les ailes repliées, marchant sur le sol qu’elle s’approcha car une telle puissance de vent aurait pu la souffler en vol. La lame au bout de son bras passa au travers du mur et se mit à vibrer. Des centaines de grains de sable se fracassaient violemment contre elle et tombait en poussière. La fillette poussa un cri de douleur et se jeta en arrière. Inquiet le cheval la rejoignit.
- J’ai ressenti… C’est comme si ma main était de nouveau là, s’écria-t-elle haletante. Levant la dague devant ses yeux, elle mima le mouvement qu’elle aurait fait pour agiter les doigts. Dans un grincement étrange, le bout de la lame se scinda en cinq parties, formant une main d’acier.
- Je me suis dit que tu apprécierais, s’inscrivit en lettre rouges et tremblantes.
- Comment as-tu fait ce…miracle? répondit la fée observant de tout côté sa nouvelle main et la bougeant délicatement.
- En fait je me suis dit que si tu pouvais me ressentir comme un membre à part entière, tu ne pourrais plus me faire faire des tâches ingrates car ce serait douloureux pour toi… Sauf que je ne m’attendais pas à ce que ça marche si bien.
- Je… je ne peux pas dire que je comprends, mais j’apprécie.

Elle se releva et soupira, c’était une grande joie que de retrouver des possibilités perdues mais elle n’avait pas le temps de s’y habituer. Il fallait repartir. Avec pour refuge la crinière du cheval, elle reprit la route au milieu du sable cinglant. L’équidé semblait ne pas être trop indisposé par la tempête. Il se laissait guider, yeux fermés, par les crins qu’elle tirait une fois pour aller à droite, deux fois pour aller à gauche avec ses pieds, sa main étant trop affutée pour les toucher sans les couper. Après une longue marche, le vent se calma soudain. Devant eux, une oasis. Une oasis avec trois palmiers… Une oasis avec une traînée de fines herbes verdoyantes qui traçaient un chemin vers un mur de sable.
- Comment est-ce possible ? On est revenu à notre point de départ ! Ça fait pourtant longtemps que… D’ailleurs ça fait combien de temps…, dit-elle abasourdie, levant la tête vers le ciel. Aah ! Il fait nuit ! C’est… impossible. Cette magie est vraiment maléfique !
Il fallait trouver un moyen d’utiliser le cercle de fer car après tout il était censé lui indiquer le chemin de la vallée des héros. Elle se doutait bien que quiconque ne le possédait pas, pouvait errer des jours dans cette tempête cependant aucune instruction ne lui avait été donné. Le bracelet était bien resserré autour de son bras, le déplacer était impossible. Le toucher ne donnait rien non plus, ni d’ailleurs de souffler dessus ou encore de se concentrer sur lui voire sur la vallée des héros. La nuit s’épaississait au fur et à mesure des tentatives. Finalement épuisée, la fée s’endormit sur le sable, aux prises à la brise gelée de la nuit. Son compagnon s’installa à ses côtés et s’allongea pour la garder à la chaleur de son flan.
Les premiers rayons du soleil touchèrent ses paupières. Elle s’éveilla comme sous l’effet d’un choc électrique et regarda alentour. Rien, rien trouvé, pas le moindre petit indice, pas le moindre petit espoir. Comment était-elle censée réussir ? Pourquoi tant de difficultés ?! Etait-ce donc sans fin ? Serait-ce toute la longueur de sa vie qui serait nécessaire à l’accomplissement de sa mission ? Les souvenirs d’Hyrule dans son temps de prospérité lui revinrent en mémoire. La plaine verdoyante, la forêt des enfants si paisible, toujours emplie de chants et de danses, le bourg si animé, le mont, abri de la formidable race Goron, le lac et ses eaux pures… De tous ces lieux, il ne restait que des pâles reflets d’un souvenir et le seul qui était déjà à l’époque fui et vide, le désert des brigands, était étrangement l’écrin de l’unique futur possible. La fatigue, le désespoir, la lourdeur de sa tâche l’accablèrent si bien que de lourdes larmes coulèrent sur ses joues, tombant vers son menton, s’y accumulant pour enfin tomber vers le sol. Dans un doux bruit de rebondissement, l’une des gouttes salées entra en contact avec le bracelet. Une lueur en sortit soudain filant droit vers le mur, traçant un chemin rougeoyant à travers la tempête. Se levant comme une seule personne, l’équidé et la fée se trouvèrent prêts au départ et bientôt ils chevauchaient guidés par l’étrange signal. Ils allèrent tout d’abord droit devant eux mais bientôt la lumière bifurquait à 90 degrés vers la droite pour ensuite modifier de nouveau leur chemin vers la gauche. Ils passèrent ainsi cinq heures à suivre la route sinueuse qui leur était indiquée. Ils virent alors d’étranges formes se dessinant à l’horizon et découvrirent des amas de marchandises, anciennement ce que l’on pourrait appeler les entrepôts en plein air des brigands. A certains endroits, des os humains ou animaux étaient à moitié enterrés sous le sable comme un avertissement à ceux qui se rendraient plus avant. Et enfin après encore une heure de route, le vent faiblit, le sable s’effaça devant l’air purifié et en face d’eux, deux montagnes de faible hauteur, séparée par une vallée dans laquelle on pouvait apercevoir un fin filet d’eau qui se terminait par une oasis. Les deux amis se dépêchèrent de rejoindre l’entrée du lieu. Ils s’arrêtèrent alors devant la beauté du paysage qui s’offrait à leurs yeux. Le lit de la petite rivière était entouré de grandes colonnes de pierre rouge sculptées avec finesse. Les motifs représentaient différentes scènes de bataille et d’entraînement des Gerudos mais sur les dernières colonnes ils laissaient place à des dessins héroïques, des triforces et des évènements où le bien triomphait. Au bout de cette longue allée, de grandes statues pointaient leurs visages vers le ciel comme un appel à la bénédiction des dieux. Le chemin bifurquait alors sur la gauche vers une ouverture géante taillée à même la roche et ornée de magnifiques écritures. Il était noté « Passé cette porte, un nouvel avenir se tient ».

Malgré ce que l’on aurait pu croire, l’intérieur de la grotte était très bien éclairé, car un puits de lumière était creusé dans le plafond. Une pièce circulaire avait été sculptée directement dans la roche et trois rais lumineux frappaient des cristaux géants. La fée s’approcha et effleura le premier de sa lame-main., une épaisse couche de poussière le recouvrait. Alors qu’elle la retirait, ses yeux s’écarquillèrent de surprise. Une jeune fille qui devait avoir 13 ans, était scellée à l’intérieur. La fée se précipita vers la roche suivante pour y apercevoir un jeune garçon du même âge et enfin la dernière renfermait une autre jeune fille. Après le premier choc, elle prit du sable qu’elle lâche au sommet de chaque cristal et qui, dans sa chute, emportait la poussière. Bientôt les trois éléments brillaient et révélaient dans leur totalité leurs étranges habitants. Le support de chacun était sculpté d’une triforce dont l’un des triangles était doublé : pour la première jeune fille il s’agissait de celui de gauche, pour le garçon celui d’en haut et pour la dernière celui de droite.
- Gauche sagesse, haut pouvoir, droite courage. Eh bien si je m’attendais à ça… En tout cas les instructions étaient claires, il faut que je réveille la sagesse en premier, dit-elle.
Sur le bloc qui soutenait le joyau scellant la jeune fille, une encoche était visible. La jeune fée y inséra la lame et tourna. Peu à peu le cristal perdit de son éclat pour enfin, dans un fin craquement, se fissurer et voler en éclat. Sa protégée glissa doucement sur le sol et après une lente inspiration, ouvrit les yeux. Elle s’assit et regarda autour d’elle, l’air désorienté. Son regard fut ensuite attiré par le cheval puis par la fée.
- Hum, dit-elle en s’éclaircissant la gorge. Est-ce vous qui m’avez libérée ?
- Oui, c’est bien nous.
- Puis-je vous demander depuis combien de temps nous sommes ici, mes compagnons et moi ?
- Euh… Eh bien mademoiselle, c'est-à-dire que… Nous n’en savons rien nous-mêmes.
- …
- Tout ce que je peux vous apprendre c’est qu’Hyrule est en bien mauvaise posture. Tout est détruit dehors, ravagé, comme si les ténèbres avaient tout englouti. De plus il n’y a aucune forme de vie, qu’elle soit bénéfique ou maléfique.
- Je m’en doutais, nous ne devions être réveillés qu’après la guerre afin que nos vies soient épargnées. Nous avons été enfermés ici, dans ce lieu introuvable tant que le temps n’était pas venu. Chacun d’entre nous a été préparé à sa tâche, nous avons eu des instructions précises.
- Quelles étaient les tiennes ?
- Étrangement mon rôle semble être essentiellement de permettre le fonctionnement d’une équipe entre les deux autres. Ils nous ont enfermés séparément pendant dix jours, chacun de nous avait un rôle que les autres ne connaissaient pas. Le mien était d’apprendre l’histoire qui suit par cœur :
Quand une personne au cœur pur viendra vous libérer de vos prisons de cristal, une mission vous attendra. Vous devrez trouver l’arme permettant de battre les démons, un artefact sacré que vous ne pourrez atteindre que si vous réunissez les trois objets sacrés de la légende du grand chêne. Une prophétie a été formulée il y a de cela plusieurs siècles par un homme mystérieux, apparu soudainement en plein centre de la plaine d’Hyrule. L’étranger avait appelé à lui la population présente, en la personne d’un postier et du jeune prince Daphnes Mondar I. Il avait alors proclamé venir d’un Hyrule lointain dans le temps et être envoyé par Daphnes Nohansen d’Hyrule, arrière-arrière-arrière-arrière petit fils du présent Roi. Il sortit alors un parchemin de sa poche et déclara ceci : « Dans cinquante ans jour pour jour, en ce lieu même qui sera marqué alors d’un grand chêne, le Roi d’Hyrule devra, muni d’une pelle d’or forgée par le peuple Goron, d’un arrosoir de nacre offert par le Roi Zora et d’un sabre orné de rubis provenant du trésor des Gerudo, faire tomber l’arbre de ses propres mains et déterrer le coffre qui se trouvera entre ses racines. » Il roula alors le parchemin, laissa tomber sur le sol un gland multicolore et dans un bruissement, disparut soudain de la surface herbeuse de la plaine, laissant derrière lui les deux hommes ébahis.
Cinquante ans passèrent et le roi Daphnes Mondar I se rendit à l’aube à l'endroit même où l’étranger était apparu, devant un chêne majestueux qui portait une ombre rafraichissante sur une grande zone de la plaine. Il était muni de la pelle, de l’arrosoir et du couteau que les rois des autres peuples lui avaient cédés, les uns par loyauté, les autres par curiosité et les derniers par appât du gain, croyant qu’un trésor magnifique était enfoui. Les souverains étaient ainsi réunis avec leurs suites, regardant attentivement le Daphnes Mondar I creuser avec la pelle d’or, ramollir la terre avec l’eau pur de l’arrosoir de nacre et couper les racines avec le sabre. Après toute une dure journée de labeur, dans un craquement sinistre, l’arbre s’effondra et un coffre gigantesque sortit d’entre ses racines. Le roi Daphnes Mondar I le prit et l’ouvrit sous les regards des autres souverains. A l’intérieur se trouvait des pierres et des bijoux qui furent donnés aux Gerudo, un livre d’énigmes de la vie pour les Zora, un parchemin contenant le moyen de trouver et utiliser de la poudre d’or pour forger des épées surpuissantes pour les Goron et enfin un livre écrit avec des runes mystérieuses pour le roi d’Hyrule. Chacun des grands hommes rentra dans son domaine comblé et le roi entreprit immédiatement de faire traduire l’étrange document. »
Cet écrit a permis de forger le bracelet de fer que tu as au poignet et l’arme qui doit annihiler le mal mais plus encore reconstruire ce monde. Pour cela nous devons retrouver les trois artefacts de la légende et retourner à l'endroit de la chute du grand chêne.
- Au moins nous avons des instructions claires désormais, dit la fée après avoir écouté la jeune fille.
Savoir ce qu’elle devait accomplir lui permettait de voir l’avenir d’un œil meilleur, mais le fait qu’aucun être maléfique ne lui ai barré la route la mettait mal à l’aise. Quels étaient donc leurs plans ?
- Dis-moi, quel est ton nom ? interrogea la fillette ailée.
- Zinéta, descendante de Zelda. On m’a prévenue qu’il ne servait à rien que je demande ton nom, mais je dois t’avertir. Selon la prophétie qui fait de nous les trois sauveurs d’Hyrule, l’épée que tu portes à ton bras reviendra au héros du courage.
La fée eut du mal à cacher sa peine à l’écoute de cette nouvelle. « J’aurais dû m’en douter », pensait-elle. « Ce n’est pas mon rôle de sauver Hyrule, mais uniquement de ramener les trois héros qui le feront et de leur en donner les moyens…quel qu’en soit le prix. »

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"L'amour est un vice plein de foi mais sans raison contenu dans le coeur mais nullement dans l'esprit. La haine est une vertu basée sur des faits et des actes, elle est contenue dans l'esprit et renforcée par le coeur. La haine est une force, l'amour est une faiblesse car l'amour n'est pas une arme et cette guerre entre Hyliens et Ténébreux est comme un coeur sanglant et sans pitié." Ainsi parlait Meathor à l'aube de la bataille.
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MessageSujet: Re: La vallée des héros   Ven 13 Nov 2009, 13:58

Je continue même si personne lit :p

Chapitre 10 : Travailler en équipe


La fée semblait tellement anéantie que Zinéta eut pitié de son malheur mais alors que la petite créature relevait son regard, elle put y voir une grande détermination et sut qu’elle avait le courage et la persévérance des vrais héros.
- Il faut réveiller les autres, dit-elle, lançant un regard vers les deux autres cristaux qu’elle avait dépoussiérés.
Zinéta hocha la tête et se dirigea vers le jeune garçon.
- Non, pas lui. Il faut d’abord libérer le courage.
Disant cela elle s’envola vers l’autre jeune fille et inséra à nouveau la lame dans la serrure. Elle sentait les grains de poussières se coller à la dague et sursauta quand une minuscule araignée grimpa dessus pour s’enfuir de l’encoche. Bientôt, la descendante de Link fut libérée de son sceau et déposée délicatement contre le sol où elle demeura immobile. Inquiètes les deux fillettes s’avancèrent vers la nouvelle venue qui ne semblait pas réagir. Elle était allongée là, ses cheveux bruns recouvrant le haut de ses épaules.
- Tu crois que…
- Non c’est impossible ! Alors tout serait perdu ! Ils ont fait une erreur en la conservant ainsi et elle en est morte !, se lamenta Zinéta.
La fée alla se poser délicatement sur le visage de l’enfant inconsciente et s’asseyant là, souleva une de ses paupières avec son pied.
- GNAAAAAAAAH !
Un coup violent fit décoller la chétive créature qui s’écrasa contre un mur et glissa au sol, assommée. Poussant à son tour un cri, son amie se précipita vers elle, se désintéressant totalement de son autre coéquipière.
- Queyipasse ? … Où je suis d’abord ? Qu’est-ce que je fais là ? Et d’abord qui êtes-vous ?, demanda la fillette réveillée en fixant d’un œil hagard le dos de Zinéta. Cette dernière se retourna pour lui lancer un regard noir alors que sur ses mains jointes, la petite fée commençait à reprendre ses esprits.
- Zinéta ? C’est toi ? OUAH, ça fait un bail, dis donc ! Ca fait quoi euh 1… 10 ans ??
Voyant qu’elle l’interpellait en vain car elle ne la voyait pas se retourner, elle commença tout de même à s’inquiéter.
- Tu ne te rappelles pas de moi ? Mais c’est moi ! Line ! Tu sais celle qui arrêtait pas de dire que plus tard on serait mariées puisqu’on est les descendantes spirituelles de Zelda et Link !
- Non mais tu vas te taire oui ! Tu as vu ce que tu as fait !
- Fait quoi ? A qui ?
- Assommer ! Elle ! dit-elle en portant ses mains sous les yeux de Line qui put voir nettement la fée décoiffée qui s’y trouvait.
- OOOOOH ! Oooooh… Ah ben zut, à peine réveillée, je gaffe déjà ? La malchance m’a poursuivie jusque là on dirait… Elle… euh… peut me comprendre ?
- Bien sûr que je te comprends ! C’est quand même moi qui vous ai libérées. Et pour ta gouverne je parle 25 langues anciennes et 5 courantes, rétorqua la fillette ailée en passant sa main dans sa chevelure pour lui donner un air plus acceptable.
- Ohlala et moi qui suis nulle à l’école…
- Bon reprenons les choses sérieuses, qu’est-ce qu’on t’a appris avant que tu sois enfermée ici ?
- Ah oui les fameux dix jours avant le grand départ ! C’était vraiment super ! J’ai passé tout ce temps à m’entraîner à l’épée et on m’a même enseigné comment utiliser les capacités d’Excalibur !
- Excalibur ? L’épée de légende ? interrogea Zinéta surprise.
- Tout juste ! Elle est magnifiquement effilée et équilibrée, c’est un plaisir de travailler avec elle…
Zinéta et la fée se regardèrent. Elles se posaient la même question. Où était Excalibur désormais ? Etait-ce l’arme anti-démon qu’ils devraient employés pour vaincre ? Pendant ce temps, Line continuait son monologue sur les vertus de l’épée ancestrale.
- On a l’impression parfois qu’elle a son propre caractère et qu’elle nous guide. Enfin je suppose que ce n’est pas très facile à comprendre.
- …
- …
- Ben qu’est-ce qu’il y a ? demanda Line devant le silence qui s’était installé.
- Est-ce qu’on t’aurait indiqué par hasard où trouver Excalibur ? demanda Zinéta
- On m’a juste dit qu’elle viendrait à moi et qu’après j’aurais les pouvoirs de refaire tous ces…
- A… Attends une seconde, qu’as-tu dit juste avant ? interrompit la fée.
- Euuuh… « Ben qu’est-ce qu’il y a ? » ?
- Non non, encore avant.
- Ah ! Je parlais du fait qu’Excalibur semblait avoir sa propre âme et semblait me guider parfois.
- Une lame avec une âme… répéta-t-elle les yeux dans le vide.
- Qu’y a-t-il ? demanda Zinéta inquiète. Elle pensa que la violence du coup avait peut-être eu des effets secondaires.

La créature ailée s’envola de la main de son amie et se posa sur le sol sableux. Là, elle traça de son pied le mot : « EXCALIBUR ».
- Qu’est-ce qu’elle a ? Elle est devenue folle ? interrogea Line qui était encore confuse par son arrivée dans ce nouveau monde.
Sans faire attention à cette remarque, elle poursuivit et en dessous écrivit « BALICUREX », puis une par une elle barra les lettres semblables des deux mots. A la fin plus aucune ne restait.
- Balicurex, dit-elle dans un souffle. C’est le nom de ma lame.
Zinéta comprit aussitôt et vit que c’était une dure découverte pour son amie, elle comprit qu’elle espérait encore pouvoir garder cette dague qui était maintenant une part d’elle-même.
- Ouah ! Alors tu l’as ! Bon ben tu peux me la donner maintenant, c’est chouette ! s’exclama Line insensible à l’ambiance douloureuse qui venait de s’installer.
- Line ! Ne dis pas ça comme ça, tu ne vois pas que…
- Non, coupa la fée. Elle a raison, ce n’est pas à moi que revient le droit de me servir de Balicurex, de toute manière je ne pourrais jamais l’utiliser comme il le faudrait, je n’ai pas eu d’apprentissage… Tu savais ? demanda-t-elle en direction de la lame.
Comme d’habitude les lettres rougies s’inscrivirent sur l’acier :
- Oui, dans notre famille, tous nos noms sont des anagrammes des épées à partir desquelles nous avons été forgées. Excalibur était ma grand-mère.
- Heiiin ! Elle parle ! Et comment ça « grand-mère », on est resté endormis combien de temps au juste ?
- Assez longtemps pour que les héros en vous puissent se réveiller. Il fallait attendre que la situation soit trop désespérée pour compter sur autre chose que le pouvoir des héros. Et bien sûr les temps étaient trop durs et cruels, personne ne souhaitait que vous mourriez à peine arrivés, répondit Balicurex.
- C’est trop génial ! Une épée qui parle !
Un silence s’installa.
- Balicurex devrait rester avec toi, dit enfin Zinéta d’une voix peu puissante mais déterminée.
- Comment ça « rester avec elle » ? C’est ma mission de me servir de cette épée ! Tu ne voudrais pas t’opposer à notre destinée et au salut de ce monde ! s’écria Line.
- Elles sont trop attachées l’une à l’autre pour qu’on les sépare. En outre, plus que tout autre, elle mérite de s’allier à l’épée de légende. Elle a déjà le cœur, la détermination, le courage du héros.
- Et moi dans tout ça, je suis quoi exactement !
- Je ne sais pas…
- Normal que tu ne saches pas car selon la prophétie il n’y a pas d’autres possibilités !
- Je veux juste dire que…
- Tu veux juste dire que je suis bonne à rien, juste à jeter hors de ma destinée ! Tu n’es peut-être pas aussi sage que ça, tu es peut-être trop aveuglée par tes sentiments !
Zinéta baissa les yeux, ses mèches blondes tombant sur son visage mais les releva aussitôt.
- Non je ne crois pas être aveuglée par quoi que ce soit. Lors de ma formation, on m’a dit de toujours suivre mon instinct et mon cœur et c’est ce que je fais.
- Et qui t’as déclarée chef ici ? Tu veux qu’on voit qui est la plus forte ? cria Line en relevant ses manches. Elle n’avait aucune intention de se battre mais elle désirait faire revenir Zinéta sur sa décision.

Cependant la fée était très inquiète de voir Line dans une telle colère et de ne rien pouvoir faire. Soudain elle eut une idée, se précipita sur le troisième cristal et inséra la lame dans l’encoche. Quelques instants plus tard, le jeune garçon libéré de sa prison de verre se releva et la première chose qu’il vit fut Line et Zinéta se défiant du regard.
- Que se passe-t-il ? demanda-t-il.
Les deux jeunes filles se tournèrent vers lui l’une l’air déterminée et l’autre furieuse.
- Giro ! Désolée de t’avoir montré une si mauvaise attitude, dit Line en relâchant ses bras et baissant les yeux. Elle avait toujours été impressionnée par le jeune homme aux cheveux noirs et au regard bleu acier.
- Pour quelle raison vous disputez-vous ? demanda-t-il.
- Eh bien j’aimerais récupérer la descendante d’Excalibur qui pour le moment appartient à cette petite fée mais Zinéta veut que je la lui laisse et… Ooooh ! Mais… tu… tu n’as plus de… s’écria Line qui fixait maintenant bouche bée la fée.
- Tu veux dire que tu n’avais pas remarqué ? interrogea Zinéta.
- Ca fait plaisir de voir que tu es toujours aussi observatrice, remarqua Giro avant de rire.
- Je suis désolée petite fée, je ne voulais pas paraître si cruelle.
- Mais ! Et la prophétie ? dit la créature ailée.
- Je pense qu’on doit être maître de son destin, dit Zinéta.
- La sagesse a parlé, répondit Line avec un sourire même si une partie d’elle se demandait si c’était réellement le bon choix. Sinon vous deux, vous avez appris quoi pendant les dix jours ?
- J’ai appris le texte contant la légende du grand chêne, répondit la descendante de Zelda avant de raconter à nouveau l’histoire.
- Intéressant, dit Line avant de se tourner vers Giro. J’ai appris à me servir d’Excalibur, et toi ?
- J’ai reçu une encyclopédie sur tous les monstres connus de l’époque, j’ai dû en apprendre le sommaire par cœur. J’ai également eu des cours de combat.
Un silence s’installa. Ils se fixaient tous, ne sachant plus trop quoi faire. Il y avait beaucoup de nouveaux éléments d’un coup et des changements dans ce qu’ils croyaient être un chemin tout tracé vers leur destin.
- Je sais ce que je vais faire, s’exclama Line, qui semblait ne pas être sur le même cours de pensées que les autres.
- A quel sujet ? interrogea Zinéta.
- Pour l’épée ! Petite fée ? Est-ce que tu veux bien que je sois ton instructeur ?
- Avec joie, répondit-elle. Mais il y aura peut-être un moment où tu devras récupérer cette lame car nos ennemis risquent de ne pas être sensibles à la taille qu’a prise Balicurex pour me correspondre…
- Nous verrons bien ! Et maintenant allons-y !
Giro récupéra son encyclopédie des monstres qui était restée dans les débris du cristal et ils sortirent de la grotte, voyant pour la première fois le désert et sentant enfin, après une longue période de sommeil, le vent sur leurs visages.

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MessageSujet: Re: La vallée des héros   Mar 26 Jan 2010, 06:31

Chapitre 11 : Les artefacts

Une fois dehors ils virent la grandeur des falaises entourant la vallée suivie de l'immense étendue sableuse où la tempête faisait encore rage. Le cheval broutait non loin. Line alla directement vers lui et se mit à chanter d'une voix douce l'air depuis longtemps perpétué que Link utilisa pour apprivoiser Epona. Doucement l'équidé remua les oreilles et les tourna vers elle puis il s'approcha et posa ses naseaux sur la main tendue de la jeune fille.
- Je vais t'appeler Anope, dit-elle tendrement, car je suis sûre que tu es un descendant d'Epona !
Zinéta et Garo s'avancèrent à leur tour. Le jeune garçon flatta l'encolure mais alors que Zinéta s'approchait, Anope recula craintivement.
- Je n'ai jamais eu autant de promiscuité que vous avec les animaux, désolée, dit-elle en rougissant et baissant les yeux.
La fée observait cette scène avec un sourire. Elle était heureuse d'avoir effectué cette partie de la mission et désormais tout ne reposait plus uniquement sur ses épaules, ce qui la rassurait et lui permettait d'avoir le cœur plus léger quant aux épreuves à venir. Un sentiment d'unicité se dégageait du groupe d'enfants et elle comprit alors pourquoi la Triforce était d'un si grand pouvoir. Séparés dans des voies et des objectifs différents chacun des pouvoirs ne pouvait que s'affronter, mais réunis ils s'équilibraient sur une balance à trois branches et dégageaient une forte aura, donnant l'impression qu'ils étaient intouchables. « Nous avons une chance », se dit la créature, « et non pas, comme je l'ai cru au début, de se battre quitte à mourir pour réduire les ténèbres, mais bel et bien de vaincre et de former un monde nouveau... ». Un cri la sortit de ses pensées.
- Regardez, sur son dos !
La fillette s'approcha en volant et vit que Zinéta montrait du doigt l'arrosoir qu'elle y avait accroché avec une cordelette de ses cheveux tissés. Line s'avança et décrocha l'ustensile puis le tendit à sa camarade.
- Il est de nacre et il y a écrit « Trouvez mes deux compagnons, pour vaincre les démons. ». C'est l'un des trois artefacts de la légende ! s'écria-t-elle avec un grand sourire. Et en voici la preuve.
Avec sa manche elle en frotta l'anse qui était restée jaunie par le sable. Là se trouvaient gravées des runes d'un langage inconnu qui tournaient autour de haut en bas.
- C'est de l'hylien ancien. Bien avant le temps où Link et la princesse Zelda renvoyèrent Ganondorf dans l'ombre, ce langage était utilisé. Il est écrit « Cadeau des Zora au roi Daphnes Mondar I ». Et si cela ne suffisait pas il y a bien sûr son pouvoir ! « Vide à jamais tu seras mais celui qui d'eau nourrissante aura besoin, saura le trouver en ton sein. ».
Sur ces mots elle agita l'arrosoir qui n'émit aucun bruit, puis le penchant vers l'avant ils purent tous admirer le miracle que la fée avait déjà pu observer. A chaque goutte qui touchait le sol une fine tige verte s'élevait et au fur et à mesure ce ne fut plus seulement de l'herbe mais des fleurs et des plantes grimpantes et enfin un arbrisseau qui apparurent. L'air était désormais emplit d'une douce saveur exotique ravissant l'odorat alors que les couleurs puissantes des fleurs donnaient l'impression en les regardant que pour la première fois on avait ouvert les yeux sur le monde. On pouvait appeler le rouge, « rouge » et le printemps semblait s'installer autour de soi rien qu'en se plongeant dans le vert des feuillages. Au bout d'un moment pourtant elles se mirent à flétrir et seul le sable resta, là où un jardin étendait quelques secondes avant son ombre. Ils frémirent tous à la disparition de la dernière tige et ce fut comme si tout bonheur s'était enfui de leurs cœurs. Cependant ils se reprirent bien vite car le charme magique de cet artefact avait une durée limitée et leurs esprits furent de nouveau éclairés par la réalité. Ils observaient la tempête de sable, se préparant à une difficile traversée lorsque, comme influencée par le pouvoir détenu par les enfants, elle diminua en ampleur jusqu'à ne devenir qu'un faible vent balayant le sable. Line accrocha à nouveau l'arrosoir sur Anope puis ils partirent.
Il était déjà le début de l'après-midi mais ils avançaient d'un bon pas. Line courrait et s'amusait, faisant des roulades et des bonds, sa période de léthargie n'avait pas affecté ses muscles et elle était trop heureuse de retrouver sa liberté. Zinéta riait en la regardant et Giro avait remonté sa cape noire jusqu'à son nez si bien qu'on n'apercevait que ses yeux bleus scrutant les alentours. Dans ses mains, il serrait l'encyclopédie des monstres. La fée, quant à elle, était allongée sur le dos d'Anope et regardait le ciel. Certaines questions, qu'elle partageait avec Giro sans le savoir, revenaient à son esprit. Pourquoi aucun être maléfique n'avait tenté de l'arrêter ? Avaient-ils été détruits dans leurs propres colères et conflits ? Mais dans ce cas pourquoi la nature ne s'était pas régénérée ? Non il y avait une puissance ténébreuse qui étendait encore ses bras sur le monde et il leur faudrait la combattre. Quelle était-elle ? Y'avait-il toujours un groupe de mages noirs comme dans la légende, ou l'un d'eux avait-il dominé et pris le pouvoir ? Elle aurait aimé en savoir davantage mais le destin semblait se complaire à ne leur donner des informations qu'au compte-goutte. L'assoupissement la gagna au milieu de ces idées troublantes et elle s'éveilla après avoir fait un magnifique rêve qu'elle oublia immédiatement. A la nuit tombée ils avaient atteint l'oasis. Ils poursuivirent jusqu'à l'endroit où la fée avait trouvé l'arrosoir puisqu'il n'y avait qu'une heure de route et que le vent du désert était très froid la nuit. C'est donc abrités par les hautes falaises entourant l'entrée de l'étendue sableuse qu'ils s'assoupirent. Il n'y eut pas d'incidents pendant la nuit et l'aube s'était levée depuis plus d'une heure quand ils s'éveillèrent. La fillette ailée les guida alors jusqu'à la plaine.

Ce fut le vrai choc pour les trois jeunes gens. Le désert pour eux n'était pas un lieu de leur vie habituelle et ils en avaient très peu de souvenirs mais la plaine… Pour eux c'était un synonyme de fraicheur, de paix, d'un vaste univers verdoyant et calme où les animaux se promenaient souvent librement. Devant eux ce n'était que désolation, rouge et noir, ténèbres et mort. Un désespoir puissant s'empara d'eux alors qu'ils voyaient enfin l'ampleur du pouvoir adverse et de leur tâche. Même s'ils le vainquaient un jour, rien ne serait comme avant. Zinéta tomba à genoux et se mit à pleurer en serrant ses bras autour d'elle, comme aux prises d'une grande douleur. Line était comme paralysée, tremblante et les poings serrés. Quant à Giro, ses yeux, seul élément visible de son visage couvert, étaient écarquillés comme sous l'effet d'une grande terreur. La fillette ailée les observa un moment puis passa de l'un à l'autre pour les rassurer en faisant tomber de la poussière magique de ses ailes dans un tintement mélodieux. Ils durent faire une pause avant de repartir car l'émotion avait été telle, qu'elle leur avait enlevé toutes leurs forces. Ils ne parlèrent pas entre eux et c'est silencieusement qu'ils reprirent leur route. Zinéta était très pâle et la fée s'inquiétait pour elle, restant à ses côtés car la jeune fille semblait sur le point de s'évanouir. Ils s'arrêtèrent arrivés au centre de la plaine et se demandèrent comment ils devaient agir maintenant. Il n'y avait aucune nourriture alentour et la faim commençait à être insoutenable.
- Il faut trouver à manger.
Disant cela, Line se tourna vers Zinéta qui semblait perdre des forces à chaque instant qui passait.
- Nous avons plusieurs choix de directions. Le lac, la montagne, le bourg ou la forêt.
Ils regardèrent vers chacun de ces lieux. La montagne était rocheuse et il y avait peu de chances qu'ils trouvent quelque nourriture que ce soit. Le lac était sans doute utile pour récupérer de l'eau mais à part des racines comestibles il n'y avait pas grand-chose. La forêt semblait un bon choix si les arbres noircis et tombés qu'ils apercevaient de là ne les avaient pas dissuadés. Ils supposèrent qu'il restait peut-être quelques vivres dans le bourg désolé que leur amie n'avait fait que traverser et ils pourraient trouver un lieu abrité pour y passer la nuit. Ils avancèrent donc dans cette direction, assez lentement car le cheval ne pouvait porter que deux des enfants à la fois et pour ne pas le fatiguer, ils ne montaient qu'un à un. Seule Zinéta ne s'approcha pas de la selle car Anope semblait toujours la rejeter et bientôt elle fut très fatiguée. Giro qui venait de chevaucher la regardait du coin de l'œil, elle semblait être sur le point de s'endormir, sa tête dodelinant de droite à gauche. Il s'approcha rapidement d'elle quand elle trébucha et la hissa sur son dos. Elle s'était assoupie. Ils reprirent ainsi la route.
Au début de l'après-midi, alors que le gargouillis de leurs estomacs accompagnait chacun de leurs pas, ils atteignirent le bourg. Ils cherchèrent tout d'abord de la nourriture et des armes car plus le temps passait et plus la méfiance s'accentuait quant aux plans de leurs ennemis. Dans une auberge dont la toiture avait été arrachée, révélant au ciel les poutres de sa structure, la lourde trappe d'une cave avait été dissimulée par un vaisselier tombé dessus et après des efforts douloureux, espérant qu'ils n'utilisaient pas leurs dernières forces en vain, les jeunes gens parvinrent à l'ouvrir et découvrir de nombreuses denrées. Une odeur de pourriture flottait dans l'air et des champignons avaient poussé dans l'humidité du sous-sol mais des fruits secs, des fèves, du riz, de pâtes et du vin restaient en assez grande quantité. Après avoir mangé, il leur fut plus facile de poursuivre les recherches. Au marché, des sacoches de cuir de belle manufacture furent récupérées puis chez le forgeron une épée pour Line (qui afficha un air un peu déçu en jetant un œil à la lame bleutée de la fée) et deux dagues pour Giro et Zinéta, les seuls objets qui n'avaient pas été écrasés sous les décombres ou déformés par la magie puissante qui avait opéré en ce lieu. De retour à l'auberge, ils remplirent leurs sacs puis traînèrent des matelas de paille sous une toiture plus solide. Il faisait nuit quand ils s'installèrent et s'assoupirent dans leur abri de fortune. Aucun d'eux ne veilla assez pour voir une fumée bleutée s'élever en volutes dansants au-dessus du mont du péril.

A l'aube ils reprirent la route après un bon petit déjeuner dans la cave de l'auberge. L'air était étrangement lourd et une odeur gênante les prenait à la gorge. Arrivés au milieu de la plaine cependant, ils se sentirent plus légers et repartirent d'un bon pas après une courte pose. Ils avaient décidé d'aller au lac car s'ils avaient déjà découvert le présent des Zora au roi de la légende il n'était pas dans le lieu qu'ils auraient imaginé. Ils avaient donc supposé que le sabre serti de rubis des Gerudo était soit au lac, soit à la montagne et entreprendre l'ascension d'un tel monticule leur semblait l'étape la plus difficile. Aussi il était préférable de vérifier qu'ils ne faisaient pas erreur en allant d'abord au point d'eau, plus accessible. Durant le cheminement, Line commença à initier la fillette ailée au maniement de Balicurex.
- Tu as déjà appris qu'elle pouvait servir de clé dans certains socles en nous libérant, dit-elle. Sache aussi que la lame peut se diviser en deux pour frapper de plusieurs côtés.
-Euh… A vrai dire, elle se cisaille en cinq, répondit la fillette.
- Comment ?! s'exclama Line surprise, attirant l'attention de Zinéta et Giro.
Ils s'approchèrent et la fée fit une démonstration sous leurs regards ébahis.
- Waaaah ! Comment tu as fait ça !? reprit la jeune fille brune.
- C'est Balicurex qui s'est métamorphosée ainsi, depuis je ressens sa lame comme si elle était ma main.
Pour le leur prouver, elle bougea chaque doigt, ferma la lame en un poing et l'ouvrit de nouveau.
- C'est super ! Je ne savais même pas que c'était possible !
- Moi non plus, répondit Balicurex.
Line resta un instant à réfléchir mais bientôt l'entraînement reprit. Arrachant de petites branches à un arbre mort allongé près de l'ancienne route, elle se mit à attaquer son amie qui apprenait ainsi les coups d'estoc, de taille, l'attaque tourbillon, l'attaque sautée et comment parer. Les enchaînements étaient si prenants qu'elles auraient quitté la bonne direction si Giro et Zinéta ne les avaient pas rattrapées. Vers midi ils firent à nouveau une pause en mangeant peu de nourriture. La terre devenait plus humide et le sol plus poreux. Bientôt les premiers reflets de l'eau se virent au loin, séparés d'eux par une étendue de plaine et la petite vallée qui menait au lac. Vers le milieu de l'après-midi ils parvinrent enfin aux rives. Line et la fée étaient très fatiguées aussi s'allongèrent-elles pendant que Giro et Zinéta cherchaient des indices. Ils retournèrent bientôt près d'elles avec des racines pour seule trouvaille. La créature ailée en prit un centimètre et alla voleter ça et là en la grignotant et en agitant sa lame dans le vide, répétant les mouvements qu'elle avait appris. Il était très important de réussir son apprentissage pour pouvoir combattre les monstres car elle se disait enfin que peut-être Balicurex était bien destinée à rester à son bras. Son regard fut attiré par un mouvement au fond de l'eau à quelques mètres de la rive où ses amis se trouvaient. S'approchant, elle avisa un gros poisson aux reflets rouges qui la fixait de ses yeux ronds. D'un battement d'aile, la créature s'éloigna pour éviter qu'il ne la prenne pour un insecte mais soudain l'animal devint comme fou et s'élançant en l'air, la goba. Cependant au lieu de retomber dans le lac, il resta figé ainsi en suspension. Une fumée noire l'enveloppa et sous le regard terrifié des trois jeunes gens il enfla jusqu'à faire près de vingt mètres de long. Zinéta se mit à trembler, son visage devint blanc et se couvrit de sueur. Line indiqua d'un geste à Giro de s'occuper d'elle et dégainant son épée, elle s'avança vers le monstre et attira bien vite son attention en portant le premier coup à la lèvre inférieure de la créature avant de reculer en un saut périlleux arrière. A chaque seconde qui s'égrainait la peur de ce qui était arrivé à ses deux amies grandissait et envahissait son esprit. Heureusement son courage lui permit de faire face et de se reprendre avant la prochaine attaque du monstre qui écrasa avec violence une de ses nageoires la manquant de peu et déclenchant une grande vague qui la trempa. Line se retourna un instant pour voir que Giro avait porté Zinéta à l'abri d'un rocher et revenait en courant vers l'arène. Elle agita ses cheveux bruns alourdis par l'eau puis se précipita dans la bataille, il fallait trouver le point faible de ce tas de chair et de haine qui se dressait devant eux. Dans un enchaînement rapide et adroit elle frappa ses lèvres, des nageoires et un bout de ventre qui était visible. Rien ne semblait faire effet. Giro la rejoignit en même temps qu'il rangeait l'encyclopédie dans son sac.
- C'est un Dichentraure. Son point faible se situe au bas de sa queue. Il peut envoyer différents projectiles d'eau avec sa bouche et a une force phénoménale. Il grossit encore plus s'il est énervé…
Ils sautèrent chacun de côté alors qu'une bulle d'eau s'abattait entre eux de la bouche du poisson.
- J'attire son attention et tu t'occupes de sa queue, ordonna Line. Ta dague ne te permettra pas de le prendre de front, mais mon épée si.
Dans un cri de guerre, elle courut vers le monstre et fut ravie de voir ses yeux se fixer sur chacun de ses mouvements. Arrivée devant ses mâchoires qui s'écartaient, prêtes à lui lancer un jet d'eau puissant, elle sauta et atterrit sur le haut de sa tête. Elle la frappa ainsi que la nageoire dorsale mais rien ne semblait fonctionner. Un gargouillement ressemblant à un rire lugubre se fit entendre. Pas plus déconcertée que ça, Line assena encore des coups sur tous les endroits qu'elle pouvait atteindre et soudain, empoigna la garde à deux mains pour enfoncer la lame dans l'œil du monstre. Dans un cri strident l'épée s'enfonça et le Dichentraure ferma sa paupière, la déchirant sur le flan aiguisé et bloquant l'arme dans sa blessure. Un flot de sang s'écoula. La jeune fille regarda la queue de la créature s'abattre furieusement sur les flots.
- Giro ! hurla-t-elle en voyant un morceau déchiré de sa cape flotter sur l'eau déchaînée.
Sans plus réfléchir elle courut sur le dos glissant du poisson et prenant son élan, plongea dans les vagues. Elle en ressortit, un peu sonnée, cherchant alentour une trace de son ami. S'enfonçant à nouveau sous l'eau elle aperçut enfin une botte et une jambe dissimulée sous la queue du monstre. Nageant de toutes ses forces, elle trouva Giro accroché sur le côté de l'appendice caudal où il avait planté sa dague, malmené par les vagues, épuisé, les yeux se fermant. Elle le récupéra tant bien que mal quand le Dichentraure remua fortement, les envoyant dans un tourbillon écumant. Dès que Line eut retrouvé ses repères, elle remonta à la surface et traîna le corps de son ami jusqu'à la rive. Il était dans un sale état, une partie de son torse avait été lacérée par les rayons épineux des nageoires et l'épuisement de sa longue apnée avait teinté ses lèvres de reflets bleutés. Enrageant, Line l'écarta de la rive puis se tourna vers le monstre. Un cri affaiblit lui parvint alors.
- Liiiiine !! Je suis en vie ! Je suis dans la bouche du poisson !
C'était la voix de la fée qui était parvenue à planter sa lame, tel un hameçon dans la gencive de la créature.
- Je vais essayer de sortir ! cria-t-elle.
La jeune fille entendit des bruits de combat et de chair arrachée et une vibration puis un hurlement s'échappèrent du corps du poisson. Et soudain la fumée noire réapparut et le monstre grandit encore davantage.
- Arrête ! Il grandit ! s'écria Line.
- Quoi ?!
- Non attends ! Continue plutôt ! poursuivit-elle, revigorée tout à coup.
- J'arrête ou je continue ?? demanda la fillette ailée qui n'était pas sûre d'avoir entendu correctement.
- CONTINUE ! hurla Line impatiente.
La petite créature poursuivit donc ses attaques, ne comprenant pas trop la logique de l'histoire mais son amie semblait certaine de ce qu'elle faisait et elle avait toute sa confiance. Aussi ses coups plurent sans cesse, jusqu'à ce que les gencives de l'animal, qui s'agrandissait de plus en plus, soient couvertes de coupures sanglantes.
Pendant ce temps Line était bien en appui sur ses jambes, prête à bondir, la main sur l'épée, les yeux calculant le bon moment. Elle s'élança enfin, rebondit sur un rocher au bord de la rive puis sur la lèvre inférieure du monstre qui culminait maintenant à près de 5 mètres du sol, grimpa sur celle supérieure et s'élança pour s'agripper à son épée encore plantée dans l'œil. Elle se balança un moment ainsi pour prendre de la vitesse et lâcha pour atterrir sur le dos du Dichentraure. A cause de son œil blessé et de sa grandeur, ce dernier ne se rendit même pas compte qu'il était chevauché. Il aurait pu comparer les pas de Line à de vulgaires pattes de moustiques. Affolé et enragé, il tournait son œil valide de tous côtés pour l'apercevoir et son corps tanguait dangereusement. La jeune fille courrait le long de la nageoire dorsale, évitant les épines qui la ramifiaient et essayant de garder l'équilibre dans les remous incessants. Plus d'une fois la chute fut proche mais jamais cela ne se produisit. Elle se trouvait maintenant à la limite de la queue du monstre, l'endroit le plus dangereux car s'il remuait trop, il pouvait l'expédier en l'air, sur un rocher de l'îlot sur lequel se reposait son appendice caudal ou profondément dans l'eau. Après une grande inspiration et avoir réuni toutes ses forces, Line s'élança. Tant d'énergie avait été déployée dans ce premier mouvement que son pied dérapa et qu'elle chuta, glissant sur le dos vers les épines de la nageoire caudale. Elle ne put ralentir sa progression et les douloureux pics égratignèrent sa peau, l'entaillant assez profondément par endroit. Enfin son corps endolori atteignit la terre ferme de la bande de terre. Difficilement et en maugréant, la jeune fille se releva. La partie la plus dure avait été faite. Lentement, guettant le moindre soubresaut de la queue, elle avança. Son regard était concentré sur la dague que Giro avait dû abandonner, plantée à une cinquantaine de centimètres du fameux point faible, un globe rempli d'une fumée noire qui luisait faiblement. Sans lui, le pauvre poisson condamné à souffrir et à obéir, serait libéré et redeviendrait un bar tout à fait normal. Elle dut reculer plusieurs fois pour éviter des coups qui lui auraient été fatals mais finalement elle put se saisir de la dague et s'écarter. Malheureusement, le monstre avait bel et bien senti cela. Sa tête pivota sur le côté et son œil valide observa Line avec toute la haine possible. Il agita sa queue et comme s'il s'agissait d'une tapette géante et d'une vulgaire mouche, l'abattit violemment sur l'îlot. La jeune fille plongea pour l'éviter, sachant très bien que ce n'était pas dans son intérêt pour autant de rester immergée. Ses mains trouvèrent instinctivement des ancres afin que son corps ne soit pas emporté par la vague qui suivit l'impact. Une racine puissante s'offrit à ses doigts, à laquelle elle s'agrippa promptement. Il y avait un grand arbre sur cette bande de terre, mort, à l'écorce noire, mais encore droit. Peut-être qu'elle pourrait obliger le monstre à abattre sa nageoire caudale dessus et atteindre le point faible par la même occasion. Line attendit une autre attaque avant de se précipiter sur terre et courir vers l'arbre. La queue se dressa et redescendit avec violence. La jeune fille sauta dans l'eau, un craquement sonore retentit suivi d'un hurlement horrible. Sortant la tête de l'eau, elle put voir le spectacle surprenant qui s'offrait à elle. Le tronc de l'arbre avait créé un trou au centre de la nageoire, empêchant le poisson de la redresser. Son écorce se brisait sous les assauts répétés du monstre devenu fou de douleur et qui venait de recommencer à grandir. Les yeux de Line s'agrandirent de frayeur, si elle n'agissait pas vite, l'animal l'écraserait et qui sait quels autres dégâts il ferait ! Elle affermit la dague dans sa main et avec un cri de guerre s'élança vers le globe. Coup après coup, il se fissura et une fumée noire en sortit comme si elle avait été maintenue sous pression. Enfin dans un bruit mêlant le craquement de l'arbre qui venait de se rompre et le bruit cristallin de la sphère tombant en morceau, le Dichentraure se tordit dans un dernier soubresaut et rapetissa.

L'eau du lac était devenue rouge du sang de l'affreux poisson et Line répugna à la traverser, récupérant au passage son épée qui gisait dans la vase. La créature magique la rejoignit bientôt et déposa de la poussière de fée sur ses blessures dont la cicatrisation s'accéléra mais qui lui laissèrent à vie des marques sur le dos. Epuisée, elle s'allongea et regarda le soleil de fin d'après-midi. Son amie se précipita pour soigner Giro et veiller sur Zinéta. Line se releva sur son coude pour la regarder faire. Quand elle vit que ces deux autres compagnons avaient les yeux ouverts, elle soupira d'aise et avec difficulté se leva pour les rejoindre. Mais à peine avait-elle fait un pas qu'elle s'étala de tout son long. Un grognement s'échappait de sa gorge quand son regard se posa sur un étrange objet d'argent. Il était de forme ronde, trois branches liées en une voûte comme si elles étaient censées maintenir une sphère en place. Elle rejoignit ses amis.
- Regardez ce que j'ai trouvé.
- Qu'est-ce que c'est ? demanda Giro qui venait de se relever et gardait une main sur son torse, là où les lacérations cicatrisaient.
- On dirait un bouclier protecteur, remarqua Zinéta. C'est censé protéger des objets de toute sorte de chocs.
- Tu veux dire que ça pourrait contenir le sabre ou la pelle ? s'exclama Line.
- Je l'ai aperçu au fond de sa gorge…, dit la fée que ce souvenir n'enchantait guère.
- Ca doit être ça alors mais où est l'artefact ? demanda Zinéta. Regardez ! dit-elle en redressant sur son séant.
Contre l'une des branches du bouclier, un bout de parchemin était collé. L'écriture était délavée mais on pouvait lire « Je l'ai ! Vous …».
- Oh non… quelqu'un est passé avant nous… Comment allons-nous le retrouver ! dit Giro, exprimant tout haut la pensée de tous.
Ils se regardèrent les uns les autres, le désespoir s'emparant peu à peu d'eux. Ils n'avaient croisé aucun humain depuis leur arrivée alors ils doutaient de pouvoir trouver des réponses à leurs questions autrement qu'en se jetant dans la gueule du loup. Pourtant il fallait qu'ils obtiennent le pouvoir de vaincre… Sinon le monde ne serait jamais sauvé.

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"L'amour est un vice plein de foi mais sans raison contenu dans le coeur mais nullement dans l'esprit. La haine est une vertu basée sur des faits et des actes, elle est contenue dans l'esprit et renforcée par le coeur. La haine est une force, l'amour est une faiblesse car l'amour n'est pas une arme et cette guerre entre Hyliens et Ténébreux est comme un coeur sanglant et sans pitié." Ainsi parlait Meathor à l'aube de la bataille.
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Iricia
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MessageSujet: Re: La vallée des héros   Ven 07 Mai 2010, 12:33

Chapitre 12 : L’ennemi s’éveille

Après avoir laissé passer une dizaine de minutes, assis en cercle, les amis se levèrent d’un commun accord et rejoignirent à pas las la plaine. Ils n’avaient pas l’air de fiers héros sous le ciel du crépuscule : Zinéta avait le teint plus pale que jamais, Line avançait d’un pas raidi car son dos la lançait encore et Giro était légèrement voûté, se tenant le ventre. La fée voletait à leur côté, cherchant les mots d’encouragement qui leur permettraient de leur rendre la confiance en leur quête. Le soleil enfouissait ses derniers rayons dans l’herbe rouge entrecoupée pourtant ça et là de brins verts. Au loin ils entendirent le hurlement d’un loup et Zinéta frémit. Alors qu’ils avançaient droit devant eux, sans but apparent, la terre se mit à vibrer. Les trois compagnons s’arrêtèrent, incompris de la fée qui ne ressentait pas le mouvement. Soudain, à quelques mètres, la terre se souleva et une main squelettique en sortit, bientôt suivie d’un bras et d’un crâne.
- Des Stalfos, s’écria Line, reprenant immédiatement sa mentalité de combattante courageuse devant le danger immédiat et sortant son épée de son fourreau.
Giro, posé comme à son habitude, voulut se saisir de sa dague, pendue habituellement à sa ceinture, dissimulée sous sa cape, mais sa main trouva du vide.
- Line, dit-il de sa voix grave. Tu as ma dague.
La jeune fille le regarda avec des yeux ronds et rougit en détournant les yeux.
- Je… Je l’ai oubliée dans le lac, bredouilla-t-elle.
- Super… C’est vraiment pas un bon jour.
- Ne t’en fais pas, je vais te protéger !
- Pense plutôt à Zinéta..., répliqua-t-il avec un regard froid.
- Mais…
Sa phrase fut interrompue par un autre soulèvement de terre et un deuxième Stalfos débuta sa sortie.
- On va la protéger tous les deux, ils nous attaquent sur plusieurs fronts…pas le choix, dit Giro pour couper court à la discussion.
Line se contenta de hocher la tête avant de concentrer son regard et son esprit sur le monstre d’os qui lui faisait face. C’était le premier des deux Stalfos et son corps était presque totalement à l’air libre. Raffermissant le maintien de sa lame, Line s’élança sans attendre, il fallait qu’elle en finisse au plus vite pour venir en aide à Giro. Elle abattit avec un cri son épée sur le crâne du monstre qui se fêla sous le choc mais cela sembla inefficace puisque les orbites vides continuaient de la fixer de toute l’intensité et la noirceur du pouvoir ténébreux qu’elles renfermaient. Sans perdre sa contenance elle réitéra le geste, espérant cette fois-ci couper en deux l’os déjà fragilisé. Mais sa lame en toucha une autre, le Stalfos avait bloqué son coup de la lourde claymore qui lui servait d’arme. La jeune fille recula dans un saut périlleux arrière et jaugea son adversaire qui était tout à fait à son niveau désormais. Il mesurait près de deux mètres cinquante et ses os luisaient d’une lumière fade, presque éteinte. Un pagne de tissu déchiré lui ceignait les hanches et il tenait son épée à deux mains mais avec une inattendue fluidité vis-à-vis de la lourdeur de l’arme. Sa claymore mesurait près d’un mètre soixante. Comparée à elle, celle de Line ressemblait à un cure-dent. Tout de suite elle pensa que malgré sa taille, sa maigreur morbide lui permettait de se mouvoir aisément et que sa force devait être impressionnante. Un coup la mettrait à terre sans aucune difficulté. De son pied droit elle creusa l’herbe pour avoir un meilleur appui puis elle s’élança vers le flan gauche du monstre, le plus éloigné de son arme. Le Stalfos fit tourner son épée et l’abattit, soulevant un nuage de cendres d’herbes rouges au passage. Mais à sa grande surprise Line n’était pas à l’endroit prévu, elle l’avait pris à contre-pied et avait subitement changé de trajectoire pour pouvoir toucher son bras. Malheureusement sa tactique n’avait marché qu’à moitié car le coup qu’elle avait porté n’avait suffit qu’à rompre le radius alors que le cubitus, légèrement lésé, tenait encore, laissant l’avant-bras réduit de moitié mais toujours capable de tenir la claymore. Elle s’était déjà écartée avant que le monstre ne tourne la tête. Il fallait maintenant user d’une autre feinte car il ne serait plus surpris par celle-là. Concentrée, le bruit de terre qui s’ouvre n’attira pas son attention. La jeune fille retourna l’épée dans sa main, tenant la lame vers le bas puis se précipita cette fois sur le flanc droit du Stalfos. Celui-ci réagit avec une attaque circulaire mais manqua à nouveau son coup. En effet, Line avait déjà plongé entre ses jambes et la claymore était passée bien au-dessus de sa tête. Elle en avait profité pour frapper l’arrière de la rotule squelettique et le coup avait été si puissant que le Stalfos s’écroula, privé de son tibia et de son pied gauche. Rageur, il voulut frapper avec toute sa force mais son cubitus se rompit et la lame se planta dans le sol aux pieds de la jeune fille. Elle s’approcha alors et coupa rapidement son cou avant d’enfoncer sa lame dans une de ses orbites, éliminant le monstre. Les os de celui-ci tombèrent en un petit tas qui s’effaça en poussières au premier souffle de vent.
Essoufflée mais encore vaillante, Line se retourna.
Giro était en train de se battre contre deux Stalfos… et à mains nues. Tel un félin, il se mouvait avec rapidité et précision, évitant coup sur coup et portant des attaques avec seulement deux de ses doigts sur des endroits précis des corps d’ossements. Il était vraiment doué en combat non aquatique. Line allait venir à son aide quand un bruit de terre retournée attira son attention et qu’un nouveau monstre sortit du sol. Les yeux de la jeune fille eurent juste le temps d’apercevoir son compagnon frapper à la nuque l’un des monstres et se figèrent sur son ennemi. Le son indistinct d’ossements qui tombent les uns sur les autres ainsi que la poussière qui s’envola dans le vent, lui indiquèrent que Giro était bien plus puissant qu’elle ne l’avait imaginé. Mais le monstre cadavérique sortit de terre plus vite que prévu et elle fut trop lente à se retourner. Elle n’eut le temps de voir que le tranchant de la lame arriver à sa tête. Cependant à quelques centimètres de son visage, l’arme s’arrêta et Line put voir la fée qui attaquait directement les globes oculaires du monstre à l’aide de Balicurex. Se posant à l’intérieur de l’un d’eux, elle transperçait de sa lame les infinies ténèbres de l’esprit torturé. Esquivant ensuite rapidement les doigts squelettiques, ses attaques reprenaient et le monstre géant semblait combattre un ennemi invisible tant ses mouvements étaient désordonnés. Line allait aider Giro quand un nouveau Stalfos apparut. Derrière elle, la fée venait d’enfoncer sa lame si profondément que le Stalfos s’effondra, perdant la magie qui l’animait.

Enfin les cinq créatures retournèrent à l’état de poussière. Line essuya la sueur qui perlait sur son front d’un revers de manche. Elle regarda sa tunique beige aux manches bouffantes marron qui avait peu à peu tourné à un tissu chiffonné et sale alors qu’une demi-heure avant un bain forcé l’avait rendue à nouveau présentable. La jeune fille soupira puis se tourna vers Zinéta qui, debout et tendue comme une statue, regardait le soleil se coucher. Alors qu’elle s’approchait, Giro s’adressa à elle de sa voix grave et froide.
- C’est le mieux que tu puisses faire ?
Sa tête tourna tellement vite pour lui faire face qu’un petit craquement se fit entendre. Gardant contenance devant la stupidité de la scène et espérant ne pas avoir de torticolis, elle effectua lentement une rotation dans l’autre sens afin de remettre sa tête dans l’axe de son corps.
- Que veux-tu dire par là ? répondit-elle froidement.
- Que tu utilises beaucoup trop de mouvements inutiles.
- Ah ! Parce que pour toi, virevolter à deux mètres de hauteur c’est pas inutile peut-être ?
Elle se rappelait des deux tours qu’il avait faits autour du cou ou plutôt de la colonne vertébrale du Stalfos, comme s’il s’agissait d’une barre d’acrobatie et ce uniquement pour porter un coup à la nuque du monstre.
- Bien au contraire. Si tu avais bien observé, tu aurais remarqué que l’énergie de la rotation m’a permis de porter un coup d’une puissance bien supérieure à la simple pichenette à laquelle ma force m’aurait limité.
Line ouvrit la bouche pour répliquer, mais se ravisa. Il n’avait pas tort.
- Tu… Tu voudrais bien m’apprendre ?
Giro la regarda droit dans les yeux.
- Non…
Il se retourna et partit auprès de Zinéta qui le regarda d’un œil vide.
- Qu’est-ce qui ne va pas ?
L’air apeuré et les larmes qui emplissaient ses yeux surprirent Giro.
- Qu’est-ce que nous allons devenir ? dit-elle d’une voix faible et tremblante de tristesse et de désespoir.
- Ne t’en fais pas, nous retrouverons l’artefact.
Au son des larmes de Zinéta, Line s’approcha et la prit contre elle. Mais la jeune fille la repoussa.
- Vous ne comprenez pas ! C’est la fin !
Line et Giro se regardèrent et virent la même chose : des masques d’incompréhension.
- La nuit tombe ! hurla Zinéta.
Ils se tournèrent vers le couchant pour voir les derniers rayons du soleil renforcer la rougeur des herbes de la prairie. « A-t-elle peur du noir ? » pensèrent les deux compagnons.
- Vous n’allez pas me dire que vous ne savez pas ça !
- Pas quoi ? demanda la fée presque à regret.
- Lorsque la nuit tombe, les monstres sortent de terre, comme dans la légende de Link.
- Tu veux dire que… qu’il y en aura d’autres ?
Ils se regardèrent tous : Line en sueur, la fée qui s’était posée sur son épaule, Zinéta plus blanche que jamais et Giro toujours droit et fier mais dont les yeux montraient une appréhension croissante.
- Il faut trouver un abri, déclara Line d’une voix forte qui fit sursauter ses compagnons. La fée, si tu veux bien survoler les environs en quête d’un tel lieu, nous effectuerons des recherches depuis le sol.
La créature féérique s’envola donc et les amis poursuivirent leur route. Cependant la nuit se faisait plus noire et bientôt le hurlement d’un loup retentit dans le gris de la plaine. Ils virent devant eux une forme sombre, il s’agissait de deux grands arbres morts qui étaient tombés l’un sur l’autre sous les assauts du vent ou d’autres forces moins naturelles. Leurs troncs faisaient bien deux mètres de diamètre et à l’endroit où ils se croisaient, leurs branches sans feuilles mêlées formaient un abri sombre. Ils s’enfoncèrent vite dans la ramure et se tapirent là, la fée les y rejoignit, elle n’avait rien vu aux alentours qui puissent servir. Ils restèrent là un instant, tremblants de froid et de peur. Des bruits de terre retournée commencèrent à transparaître dans la nuit, de plus en plus proches. Le son du fer de la claymore frappant l’os des jambes des Stalfos dans le balancier de leur marche, les herbes écrasées qui partaient en cendres. Ils rabattirent hâtivement des branches devant eux, espérant que le bois noir les cacherait mais sachant bien qu’ils restaient visibles. Line et Giro étaient devant, près à passer à l’assaut si cela s’avérait nécessaire, quand bien même serait-ce vers une mort certaine. Les bruits de pas tournaient autour d’eux. Ils apercevaient ça et là des pieds blancs se reflétant sous la Lune. Bientôt une ronde traînante se forma avec pour centre leur abri. Ils étaient repérés.

Line mit la main à sa garde, Giro releva ses manches pour avoir une meilleure saisie et Zinéta cacha la fée dans son gilet pour que sa lumière ne soit pas visible. Ils virent clairement des pieds devant eux à cinq mètres. Ces derniers tournèrent vers eux et avancèrent, la lame d’une claymore refléta la lumière de la Lune, sa pointe traçant un sillon dans la terre alors que son propriétaire marchait. Le Stalfos s’arrêta, ils virent ses jambes se plier légèrement et deux orbites vides se fixèrent sur eux. C’est tout du moins ce qu’ils crurent. Passèrent sur eux conviendrait mieux car, ne semblant pas les voir, son « regard » poursuivit son cours et bientôt il se redressa et partit du même pas traînant, dans un concert de raclements d’os sur os. Surpris, Giro et Line se regardèrent puis se tournèrent vers Zinéta pour savoir ce qu’elle en pensait. C’est alors qu’ils se rendirent compte qu’elle s’était agenouillée, avait posé l’index de sa main droite sur son front et celui de sa main gauche sur son cœur. Elle murmurait des mots incompréhensibles pour eux mais qui ressemblaient à la consonance de l’Hylien ancien. Ses lèvres continuèrent de remuer et aucun de ses compagnons ne voulait la déranger. Bientôt le bruit de pas des Stalfos disparut dans la nuit. Zinéta rouvrit les yeux.
- Comment as-tu fait ça ? demanda Line en s’élançant pour prendre son amie dans ses bras.
- A vrai dire je ne sais pas trop, cette magie semblait enfouie dans mon inconscient et quand nous nous sommes retrouvés devant ce danger, les incantations sont sorties d’elle-même.
- C’était vraiment super ! s’écria à son tour la fée en sortant de sa cachette et en voletant joyeusement.
Giro se contenta de hocher la tête mais son ventre émit un gargouillis tout à fait audible. Ils s’installèrent donc et commencèrent à manger. Malgré le fait qu’ils devaient faire attention à se rationner, Line avala deux fois la quantité prévue pour le dîner. En effet le combat lui avait fait dépenser beaucoup de calories et elle était affamée. Zinéta lui légua une part de sa pitance même si Giro montrait son mécontentement à cette idée.
- Si tu acceptais de m’apprendre à combattre en réduisant le nombre de mes mouvements, ça ne se passerait pas ainsi, le charia Line.
Le jeune homme soupira en réponse et alla se poster à l’entrée de l’abri pour le premier tour de garde. Cependant après une demi-heure ils se rendirent bien compte qu’aucun d’entre eux ne trouvait le sommeil alors que l’avenir était si incertain.
- Je sais que nous faisons route ensemble vers une même destinée, commença Line d’une voix douce. Et pourtant, nous nous connaissons à peine.
Quelques instants de silence s’en suivirent avant qu’elle ne reprenne la parole.
- Je suis née dans un petit village de la forêt. J’avais cinq frères plus âgés que moi. Ma mère et mon père considéraient que ce qu’il fallait absolument apprendre à leurs enfants était l’amour, l’entraide et l’honnêteté. J’ai tout de suite préféré aider mes frères et mon père au grand désespoir de ma mère. A six ans je savais couper le bois, fabriquer des coutelas et divers objets dans des branches de bois. J’adorais m’entraîner au combat avec mes frères. Vers mes neuf ans, mes parents pensèrent qu’il était temps que j’apprenne plus sérieusement les tâches des femmes car sinon je ne serais jamais bonne à tenir une maisonnée. On tenta de m’apprendre à cuisiner de bons petits plats mais je préférais faire fumer de la viande pour partir à l’aventure et confectionner des pains de voyages. Pour la couture, je fabriquais uniquement des sacoches et des vêtements en cuir. Je crois que le pire c’était encore la vaisselle. Je prenais les pots que je devais laver et je les enfermais dans un baluchon de tissu puis je les laissais aller au fil de l’eau dans la rivière proche, accrochés sous un bout de bois. Il y avait des rapides en aval. Le but que je me fixais était de récupérer la vaisselle avant qu’elle n’arrive là et bien sûr au dernier moment possible. Inutile de vous dire que je suis souvent revenue sans !
Elle soupira, les yeux brillant devant tous ces souvenirs. Mais son regard se perdit dans le vide.
- C’était un déchirement quand j’ai dû les laisser, reprit-elle d’une voix faible.
Une larme coula le long de sa joue. Les autres respectèrent ses pleurs en faisant silence. Puis la voix de Giro rauque et grave prit place et les deux jeunes filles s’allongèrent pour l’écouter plus confortablement.
- Je suis né dans le désert. Les Gerudo étaient dans l’ancien temps une tribu de femmes et se servaient des hommes uniquement pour faire survivre leur clan par delà les générations. Cependant une des chefs Karista s’éprit d’un homme à la fois beau et brave et usa de tout son pouvoir pour faire changer les esprits. Peu à peu les hommes eurent une place dans leur société, d’abord comme teneur de la maison puis comme gardes et enfin ils furent une composante des armées bien qu’en faible proportion, n’excédant pas vingt pourcent des effectifs. Les femmes dirigeaient toujours et les tâches de la maison revenaient toujours aux hommes mais une forme d’équilibre était tout de même en place. Mes parents étaient des gens simples, lui était soldat, elle était général. Ma mère montrait une grande douceur à mon égard mais pouvait aussi être dure et rigide face aux soldats qu’elle dirigeait. Notre maison se situait à l’extrémité ouest de la ville, juste à côté des remparts construits dans les temps anciens mais tombant en ruines sous la force des tempêtes de sable. La rénovation avait commencé mais par l’autre extrémité du mur, aussi étions-nous mal situés pour faire face aux éléments. Nous devions déménager le jour suivant pour partir dans un autre quartier et j’avoue que j’étais excité à l’idée d’être plus près du centre de notre cité. Mes parents sortirent avec les caisses contenant nos affaires et je restais un instant à regarder les fissures parcourant les murs ocres de notre maison à toit plat, la ligne rouge de peinture décrépie qui s’allongeait à mi-hauteur et le lézard qui aimait se poser sur le bord de la fenêtre au soleil. C’est là que j’entendis des hurlements de terreur et le bruit de bois brisé. Je sortis en courant pour recevoir du sang en plein visage. Mon père venait de mourir, la gorge tranchée par un monstre du désert, un Tarazor.
Voyant le regard interrogatif des jeunes filles derrière l’horreur et la compassion, il poursuivit en précisant.
- C’est un monstre de sable, il a souvent des débris de caravanes et des pierres coincés dans le corps. C’est avec une planche qu’il a égorgé mon père.
Il était tellement calme que ses amies tremblèrent comme si un vent gelé venait de les frapper.
- Je vis alors que mère se dressait devant lui, armée de son sabre qu’elle avait retiré d’une caisse brisée de notre déménagement. La colère et la tristesse étaient visibles dans ses yeux mais elle gardait son sang-froid. Après tout c’était une guerrière avant d’être une femme. J’ai voulu l’aider alors je me suis élancé en avant mais une main m’a retenue. Il y avait un homme dans un grand manteau blanc derrière moi. Il m’a dit que c’était inutile, que je n’aurais pas la force de vaincre cette créature. Je ne voulais pas l’écouter, j’ai essayé de le faire lâcher prise mais sa poigne était ferme et mes soubresauts n’ont rien changé à ma situation. Je me suis tourné vers lui et je lui ai demandé de me lâcher, c’est alors que j’ai entendu un cri faible et quand j’ai regardé à nouveau devant moi, ma mère était au sol, dans une mare de sang. Le monstre poursuivit sa route vers des habitations toutes proches. Je sentis la main me lâcher et quand je me retournais, l’homme en blanc avait disparu. J’ai longtemps cru que ça n’avait été qu’une hallucination causée par la peur, que c’était moi seul qui n’avait pas su me battre quand le moment était venu. J’enterrais mes parents, je creusais aussi une tombe pour moi, pour qu’on croie à ma mort et je partis loin du village, dans le désert où j’entraînais mon corps à survivre aux conditions extrêmes. J’y restais deux ans avant de me lancer à la recherche de maîtres d’arme pour entraîner ma technique maintenant que j’avais la préparation physique et l’âge nécessaires pour être accepté comme apprenti. A chaque fois, je demandais à apprendre et en échange je travaillais à diverses tâches pour payer mon entraînement. Certains hommes me demandèrent de me donner tout entier à l’apprentissage et me firent gratuitement don de leur savoir, cependant je faisais toujours en sorte de leur rendre divers services ou de rester après la fin de mon entraînement pour payer ma dette. Un jour des hommes habillés de blanc vinrent me trouver et tous les souvenirs de ce jour de deuil refirent surface. Il s’agissait des sages dont l’un d’eux était celui qui m’avait retenu. Il m’expliqua alors que la force s’acquiert en passant par de nombreux obstacles et en en sortant vainqueur ou en apprenant des erreurs qui nous ont perdu. Il me félicita pour ma capacité à conserver mon honneur car il m’avait surveillé toutes ces années et avait vu que je ne laissais jamais de dette derrière moi.
Je lui en ai voulu un moment mais je ne l’ai pas revu après cela, c’est un autre sage qui s’est occupé de parfaire mon entraînement et de me confier l’encyclopédie avant le jour de la cristallisation. Et puis il doit être mort désormais…
Ses poings se serrèrent subrepticement et un nouveau silence de réflexion s’installa. Enfin, Zinéta prit à son tour la parole et malgré la forte fatigue qui se lisait dans ses yeux et son attitude, sa voix était ferme et éveillée.
- Tout a commencé alors que je n’étais qu’un bébé. Ma mère est morte en me donnant la vie et alors que mon père était parti à son enterrement, un homme vêtu de noir entra dans la chambre où se trouvait mon berceau. Il y plaça un pendentif, bien dissimulé sous mon oreiller. Mon père le surprit en revenant plus tôt des funérailles et le fit fuir mais il ne vit pas l’étrange bijou. Quelques mois après je me débattis dans mon sommeil et mon père découvrit l’objet. Il le montra au mage le plus sage et puissant du Bourg d’Hyrule dans lequel nous vivions, qui lui apprit que c’était un artefact de magie noire qui empoisonnait les personnes situées près de lui très lentement. Il vint me voir et malgré que le sort n’ait pas été mortel il m’avait laissé une profonde révulsion à toute forme de magie noire. Toute approche de ce type de magie me causait des sueurs froides et même parfois des pertes de conscience.
- Ça explique tes réactions face au monstre du lac et aux Stalfos ! interrompit Line.
Zinéta se contenta de hocher la tête avant de poursuivre.
- Le mage essaya bien des incantations pour me guérir mais aucune ne fonctionna. Mon père était un homme ambitieux et il comptait bien me marier à un personnage puissant et riche de ce théâtre qu’est la cour du palais, aussi dissimula-t-il cette tare aux yeux de tous et dit seulement que j’avais la santé fragile quand je montrais des symptômes du sortilège. Moi-même je crus sa version des faits. Les sages vinrent chez nous et mon père se sentit heureux. Il n’aurait pas la joie de me marier à un puissant mais mon nom et par la même occasion le sien, entrerait dans la légende. C’était plus qu’il n’avait jamais espéré, aussi dissimula-t-il aux envoyés ma véritable maladie. Il mourut peu de temps après d’une cirrhose car il passait nombre de ses soirées à la taverne du poney blanc depuis la mort de ma mère, et même sur son lit de mort il refusa de me transmettre son lourd secret. A son enterrement je découvris une petite clé attachée à un pendentif à son cou et je la récupérais, ne sachant pas sa valeur. Les sages m’emmenèrent dès le lendemain pour m’entraîner mais je montrais de bonnes aptitudes à apprendre aussi j’eus fini un jour avant la date prévue. Ils m’accordèrent alors une requête et je demandais de retourner une dernière fois au Bourg afin de me recueillir sur les tombes de mes parents et de revoir une dernière fois la maison de mon enfance. C’est alors que je repensais à ce petit coffret qui était autrefois posé sur la coiffeuse de ma mère et que mon père m’avait toujours défendue d’ouvrir. Je le retrouvais caché sous son lit et l’ouvrit avec la petite clé récupérée autour de son cou. A l’intérieur se trouvait une lettre de mon père qui expliquait tout ce qu’il s’était passé, ainsi que le fameux pendentif ensorcelé. Je prévins immédiatement les sages mais il était déjà trop tard. Il ne restait que deux jours avant la mise en cristal et j’étais élue des déesses. Ils auraient pu, en me sacrifiant, faire passer mes pouvoirs à un autre mortel mais le temps manquait pour trouver le nouvel élu. Ils ont donc uniquement détruit le pendentif en espérant que cela dissiperait une partie du sort.
Un nouveau silence suivi ces paroles.
- Mais alors ? dit la fée étonnée. Il y a plus de trois élus.
- Pas vraiment. Mais si un élu meurt, les déesses choisissent un autre mortel ayant des prédispositions pour le remplacer. Ca aurait peut-être été mieux que je meure, dit Zinéta des larmes plein les yeux.
Giro attrapa la jeune fille et la serra dans ses bras tendrement. Line regarda cette scène et sourit mais on pouvait lire une profonde tristesse dans ses yeux. La fée alla se poser sur son épaule et déposa un baiser sur sa joue. Elle ressentit alors une douce chaleur la bercer et son regard brilla d’une flamme renouvelée puis une grande fatigue prit place et elle s’allongea et s’assoupit.
- Merci, souffla Zinéta rougissante.
- Ne dis plus de pareilles choses. Tu fais de ton mieux et nous réussirons.
Il lui sourit et elle fit de même. Ils restèrent un instant dans les bras l’un de l’autre puis Giro écarta doucement son amie et la fit s’allonger sur l’herbe cendrée.
- Repose-toi, je prends le premier tour de garde.
Zinéta hocha la tête et ferma ses yeux. Un instant après, sa respiration s’était ralentie et des rêves étreignaient son esprit épuisé.
Giro regarda le ciel sombre et la Lune. Des pensées recommencèrent à assaillir son esprit.
« Le combat avec le Dichentraure a dû nous faire repérer par l’ennemi. Tout était déjà compliqué mais cela va empirer. Il nous manque un artefact dont nous ignorons la position et on nous poursuit. Que faire ? » Il resta ainsi plongé dans des idées noires, essayant de trouver des solutions quand soudain ses yeux s’écarquillèrent. La plaine était pourtant calme alentours mais son esprit était frappé par un élément qu’il avait écarté. « La plaine est vaste, nous avons marché loin du lac alors comment ces monstres nous ont-ils découverts si tôt ?! Les sages nous avaient dit qu’on avait un bouclier de protection contre toute détection maléfique… alors comment ? ».

_________________
"L'amour est un vice plein de foi mais sans raison contenu dans le coeur mais nullement dans l'esprit. La haine est une vertu basée sur des faits et des actes, elle est contenue dans l'esprit et renforcée par le coeur. La haine est une force, l'amour est une faiblesse car l'amour n'est pas une arme et cette guerre entre Hyliens et Ténébreux est comme un coeur sanglant et sans pitié." Ainsi parlait Meathor à l'aube de la bataille.
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